Selon la revue "Prescrire", un antivomitif a causé entre 25 et 123 morts subites en 2012

La revue met en garde contre la dompéridone, utilisée dans le Motilium et ses génériques.

Le Motilium et ses médicaments génériques sont mis en cause.
Le Motilium et ses médicaments génériques sont mis en cause. (JEAN FRANCOIS FREY / MAXPPP)

La revue indépendante Prescrire met en garde contre la dompéridone (Motilium et génériques). Ce médicament serait responsable de 25 à 123 morts subites en France en 2012, rapporte la revue dans son dernier numéro. Mercredi 19 février, elle réclame son retrait du marché par les autorités sanitaires européennes.

Ce médicament est utilisé contre les nausées et les vomissements. La dompéridone (Motilium de Janssen Cilag, Peridys de Pierre Fabre et leurs génériques) est un neuroleptique, qui a une "efficacité modeste" contre ces troubles qualifiés de banals, mais il "augmente le risque de troubles du rythme cardiaque et de morts subites", poursuit la revue.

Environ 7% des adultes ont eu au moins une fois une prescription de ce médicament en 2012, soit environ 3 millions de personnes en France, d'après les données de l'Assurance maladie, note ce mercredi la revue.

Une alerte de l'ANSM dès 2011

Depuis 2005, plusieurs études épidémiologiques, néerlandaises et canadiennes, ont montré que les morts subites cardiaques sont environ 1,6 à 3,7 fois plus fréquentes en cas d'exposition à la dompéridone. En décembre 2011, l'Agence du médicament avait mis en garde contre de possibles effets indésirables de la dompéridone sur le rythme cardiaque. L'ANSM avait par ailleurs mis en garde contre l'usage non autorisé du Motilium pour favoriser l'allaitement.

En mars prochain, l'ANSM doit se prononcer sur la dompéridone, mais la revue Prescrire craint qu'elle "se contente de préconiser" des baisses de doses ou de durée de traitement. Ces mesures ,"insuffisantes" pour protéger les patients, reporteraient "la responsabilité des agences sanitaires vers les soignants". Or, "il est temps que les autorités sanitaires européennes retirent du marché ce médicament", poursuit la revue, qui estime qu'il "peut aisément être remplacé par de meilleures solutions pour les patients".