Sécurité sociale : "Dès 2024, le déficit devrait s'aggraver à nouveau", prévient la Cour des comptes

Selon l'institution présidée par Pierre Moscovici, la réforme des retraites ne suffira pas à résorber le "trou" de la Sécu.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le siège de la Cour des comptes à Paris. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP)

Un appel à des "réformes vigoureuses", notamment dans les dépenses de santé. Malgré la sortie de l'épidémie de Covid-19 et la réforme des retraites, la Sécurité sociale va continuer d'accumuler les dettes à l'avenir, avertit la Cour des comptes dans un rapport publié mercredi 24 mai.

La Sécurité sociale, après un déficit abyssal de presque 40 milliards d'euros en 2020, devrait réduire ses pertes à environ 8 milliards en 2023. Néanmoins, le "trou" n'a pas fini de se creuser.

"Dès 2024, le déficit devrait s'aggraver à nouveau, porté par la dégradation des soldes de la branche vieillesse, que la réforme des retraites ne devrait pas permettre de rétablir rapidement."

La Cour des comptes

dans son rapport

"Si nous n'agissons pas, nous n'aurons pas de marge de manœuvre pour investir" dans l'éducation, la transition climatique ou encore la santé, a alerté le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse. 

La croissance devra être bonne

Rien que sur les trois prochaines années, plus de 36 milliards de dettes supplémentaires sont ainsi attendus. Ce niveau de dette pourrait s'élever si les hypothèses "optimistes" du gouvernement en matière de croissance et d'emploi ne se concrétisent pas. Le risque de dérapage est d'autant plus probable que les dépenses de santé devront progresser moins vite que l'inflation cette année et l'an prochain – ce qui n'est jamais arrivé dans un passé récent.

Les magistrats financiers affirment donc que "des réformes plus vigoureuses [sont] indispensables" et rappellent leurs propositions récentes visant certains secteurs comme l'imagerie médicale et la radiothérapie. Ils suggèrent aussi de revoir l'organisation du Samu, avec le "rapprochement" des centres d'appels existants dans chaque département et le recours accru aux ambulances sans médecin. La fraude aux prestations sociales est également dans le collimateur de la Cour.

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