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Cinq questions sur ce nouveau cancer lié aux prothèses mammaires

L'Institut national du cancer a découvert une nouvelle maladie, lié à un implant mammaire. Mais le gouvernement ne recommande pas le retrait des prothèses.

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Une chirurgienne marque la poitrine d'une patiente avant l'implantation d'une prothèse mammaire, le 4 novembre 2003, à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Les autorités sanitaires s'inquiètent avec modération. Après la découverte par l'Institut national du cancer (Inca) d'une nouvelle maladie liée aux implants mammaires, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré, mardi 17 mars, "qu'il n'est pas recommandé aux femmes porteuses de prothèses mammaires de se les faire retirer", ajoutant qu'il ne faut "pas céder à une inquiétude excessive".

Combien de personnes sont concernées ? Quelle est la marque de prothèses qui pose problème ? Francetv info répond aux questions que vous vous posez sur cette découverte.

Quelle est cette nouvelle maladie ?

Le lymphome anaplastique à grandes cellules associé à un implant mammaire est un type de cancer. Selon l'Institut national du cancer, il n'existe pas chez les personnes qui ne portent pas d'implants mammaires. Le groupe d'experts de l'Institut estime donc qu'il s'agit d'un cancer spécifique. Il devrait être intégré à la prochaine classification de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sous le sigle LAGC-AIM.

Combien de cas ont été recensés ?

Pour l'instant, les autorités sanitaires françaises ont répertorié 18 cas depuis 2011. Sur ces 18 cas, on en recense un mortel. Mais il s'agissait d'une prothèse PIP, dont certaines défectueuses sont à l'origine d'un vaste scandale sanitaire. Ce chiffre de 18 cas reste faible sur les 400 000 Françaises qui portent actuellement des implants mammaires. Pour 83% des femmes, les motifs sont esthétiques et pour 17%, il s'agit d'une chirurgie de reconstruction, notamment après un cancer du sein.

Néanmoins, la tendance est à la hausse. En France, neuf nouveaux cas de lymphome anaplastique en un an ont été recensés. Mais selon Marisol Touraine ces cas de cancer restent très rares.

 Au niveau mondial, 173 cas ont été relevés. Mais tous les cas à l'étranger n'ont peut-être pas été pris en compte, précise l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cela pourrait donc être plus important.

Quels sont la marque et le type de prothèse concernés ?

Sur les 18 cas français, 14 concernent la même marque de prothèses. Il s'agit de celle de l'entreprise Allergan. Aujourd'hui en France/Le Parisien précise que les inspections menées chez ce fabricant après le scandale des implants PIP n'ont rien donné. L'entreprise se défend en promettant la "plus totale transparence sur le sujet".

Néanmoins, à ce stade, la ministre de la Santé ne veut mettre en cause "aucune marque spécifique", même s'il y a un signal sur les implants Allergan, reconnaît l'ANSM. De même, aucun type de prothèse n'est pour l'instant pointé du doigt, même si, dans les 18 cas, il s'agit d'implants dont le revêtement est texturé. Deux types de revêtement existent : le texturé et le lisse. En France, les implants texturés représentent de 80 à 90% du marché. 

"Les implants macro-texturés permettent une prothèse plus stable, c'est pourquoi beaucoup d'industriels et de femmes choisissent souvent cette option", explique l'Institut national du cancer.

Quelles sont les précautions prises par les autorités sanitaires ?

"Nous avons décidé de mettre en place un plan d'action en plusieurs points", explique le directeur général de la Santé, Benoît Vallet, à Aujourd'hui en France/Le Parisien. Un courrier a été adressé aux médecins le 10 mars pour leur demander de prévenir leurs patientes et d'être vigilants. Les femmes désireuses de se faire poser un implant mammaire doivent être obligatoirement prévenues de ce nouveau risque avant l'opération.

Dans dix jours, l'ANSM se réunit pour évoquer une éventuelle interdiction de ces implants mammaires. "S'il faut prendre des mesures, si on doit les interdire, nous le ferons", affirme François Hébert, le directeur général adjoint de l'ANSM.

Quels signes cliniques doivent être pris en compte ?

Marisol Touraine a assuré les femmes porteuses d'implants de la "vigilance absolue" des autorités. L'information aux femmes désireuses de se faire poser des implants doit être d'ailleurs "renforcée". Mais elle a souligné que celles-ci ne devaient "pas céder à une inquiétude excessive"

En revanche, si certains signes cliniques apparaissent plusieurs mois après l'opération, il est nécessaire de consulter. L'institut national du cancer (Inca) rappelle ces symptômes : l'apparition d'une masse, un épanchement, une inflammation, une ulcération.  Des analyses seront alors effectuées, voire une biopsie. En cas de lymphomes, un simple retrait de l'implant peut suffire, selon l'Institut, et la maladie disparaît aussitôt. Si la masse est plus importante, un traitement pourra alors être administré, type chimiothérapie. 

S'il n'y a aucun signe clinique, il n'est pas nécessaire de consulter, ajoute l'Inca. Toutefois, la ministre de la Santé en profite pour rappeler quelques recommandations. Elles sont les mêmes pour les femmes porteuses d'implants que pour les femmes en général. A partir de 25 ans, il faut aller consulter un médecin ou une sage-femme pour une palpation des seins. Après 50 ans, chaque femme doit passer une mammographie tous les deux ans. 

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