Remboursement des consultations psychologiques : les psychologues sont "partiellement satisfaits", mais gardent "des réticences"

Le secrétaire général du Syndicat national des psychologue Patrick-Ange Raoult réagit à l'annonce du remboursement de consultations psychologiques pour tous.

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Radio France
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Une personne de dos en consultation chez une psychologue (illustration). (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

La Fédération française de l'assurance (FFA) a annoncé lundi 22 mars la mise en place d'un remboursement de quatre consultations psychologiques jusqu'à la fin de l'année, dans la limite de 60 euros par séance, sur prescription médicale, afin de mieux prendre en compte la dimension psychologique de la situation sanitaire.

"Nous sommes partiellement satisfaits" de cette prise en charge qui prend en compte "à la fois la prévention et la dimension sociale", a réagi mardi 23 mars sur franceinfo Patrick-Ange Raoult, secrétaire général du Syndicat national des psychologues (SNP), maître de conférences en psychologie clinique.

La prescription vue comme "une entrave"

"Quatre séances, ça peut paraître court, mais je pense que c'est déjà une ouverture à ce titre-là", estime Patrick-Ange Raoult. Mais il garde "des réticences" en ce qui concerne "la prescription médicale". Selon lui, cela "ralentit un peu les démarches quand ça devient une obligation. L'accès direct est beaucoup plus souhaitable à ce titre-là". Il affirme également "qu'en tant que psychologue, on juge depuis longtemps qu'on est suffisamment spécialistes dans cette discipline pour savoir ce qui est pertinent au niveau des interventions". Il estime donc que "l'intervention médicale préalable n'est absolument pas une nécessité" mais plutôt "une entrave". Les psychologues avaient "négocié un petit changement de terminologie et de pratique" afin de ne "plus être dans un lien de prescription et de subordination, mais d'être dans un lien de collaboration et d'adressage".

Rendre plus accessible la consultation

Patrick-Ange Raoult espère par ailleurs que ce remboursement de consultations psychologiques puisse perdurer au-delà de la fin d'année. "Je pense que cela devrait être une nécessité. Il faut une accessibilité aux psychologues de façon pérenne pour l'ensemble de la population, avec des modalités de remboursement qui, à la fois, permettent aux plus démunis d'avoir accès à ces consultations, avec une flexibilité suffisamment grande, et en même temps une rémunération des psychologues qui leur permettent simplement de vivre."

Selon lui, la pandémie et le confinement ont accru "la dimension des syndromes dépressifs qui seront beaucoup plus présents aujourd'hui et qui deviennent une source de mal-être très important pour une bonne partie de la population".

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