Cancer du col de l'utérus : le dépistage et la vaccination doivent encore progresser

Le dépistage vise à détecter des lésions précancéreuses et à les traiter avant qu'elles n'évoluent en cancer. Il permet également de détecter et traiter des cancers à un stade précoce, tandis que le vaccin, administré aux adolescentes, entraîne une nette diminution du nombre de ces cancers. 

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Un chercheur travaille sur les cellules cancéreuses du papillomavirus.  (COLLANGES / IMAGE POINT FR / BSIP / AFP)

Chaque année, 3 000 femmes sont diagnostiquées avec un cancer du col de l'utérus, une maladie quasiment toujours provoquée par une infection sexuellement transmissible aux papillomavirus humains (HPV). Or pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce cancer, qui emporte 1 100 femmes chaque année, serait totalement éliminable grâce à deux interventions efficaces et complémentaires : le dépistage et la vaccination.

A l'occasion de la Semaine européenne de prévention du cancer du col de l'utérus, Santé publique France et l'Institut national du cancer estiment, samedi 29 janvier, que ces deux dispositifs progressent, mais restent encore insuffisants : 80% des femmes environ seront exposées à ces papillomavirus au cours de leur vie. Extrêmement fréquente, l'infection est bénigne dans la plupart des cas. Le dépistage vise à détecter des lésions précancéreuses et à les traiter avant qu'elles n'évoluent en cancer et permet également de détecter et traiter des cancers à un stade précoce. L'Union européenne préconise de dépister au moins 70% des femmes. 

En France, des inégalités face au dépistage

En France, le taux de couverture du dépistage varie fortement selon l'âge et le lieu de vie. Il atteint 65% entre 25 et 45 ans et diminue ensuite pour tomber à 45% chez les femmes de 60-65 ans. Dans certains départements (comme la Seine-Saint-Denis, le Val-d'Oise et le Val-de-Marne, en banlieue parisienne), le dépistage reste inférieur à 50%.

"Jusqu'en 2018, hormis dans quelques départements, il n'y avait pas de programme de dépistage organisé", rappelle Françoise Hamers, médecin épidémiologiste à Santé publique France dans l'unité cancer. Malgré une campagne nationale de relance par courrier et la prise en charge intégrale du test, sans avance de frais, seules 59% des femmes de 25-65 ans ont été dépistées sur la période 2018-2020, contre 58% en 2017-2019. 

Ce dépistage doit être réalisé dans des intervalles de temps recommandés : tous les 3 ans entre 25 et 29 ans (après 2 tests réalisés à 1 an d'intervalle et dont les résultats sont normaux) et tous les 5 ans entre 30 et 65 ans.

Un vaccin efficace à 100% 

La vaccination, disponible depuis les années 2000 contre les infections à papillomavirus humains, a une efficacité proche de 100% s'il est injecté avant le début de la vie sexuelle. Selon Françoise Hamers, "la couverture vaccinale reste très faible en France". En 2020, elle était estimée à 41% pour une dose à 15 ans (35% en 2019) et 33% pour le schéma complet à 16 ans (28% en 2019). En France, le vaccin n'est pas totalement remboursé et il n'existe pas de programme organisé de vaccination HPV, comme au Portugal, en Suède ou au Royaume-Uni. 

Selon une étude publiée par The Lancet, une nette réduction des cas de cancers du col de l'utérus a été observée chez les femmes éligibles à la campagne de vaccination britannique, lancée en 2008. Chez les femmes susceptibles d'avoir été vaccinées tôt, à 12 ou 13 ans, les cancers du col de l'utérus ont quasiment disparu. Plusieurs pays ont par ailleurs étendu la vaccination aux garçons, à la fois pour les protéger de certains cancers et pour limiter la transmission aux filles. C'est le cas de la France en 2021

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