Cet article date de plus de quatre ans.

Vidéo Enfant schizophrène : le difficile quotidien d’une mère de famille

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 2 min
PAC psy extrait 2 -
Pièces à conviction. Enfant schizophrène : le difficile quotidien d’une mère de famille PAC psy extrait 2 - (PIÈCES A CONVICTION / FRANCE 3)
Article rédigé par France 3
France Télévisions

Comment prendre en charge la maladie mentale ? Pour "Pièces à conviction", des malades et leur famille ont eu le courage de parler. Ils racontent leur quotidien parfois difficile, et leur désarroi face à la maladie et au corps médical. Comme Kilian, un adolescent schizophrène, et sa maman. Extrait.

Dépression, bipolarité, schizophrénie, troubles obsessionnels... L’urgence psychiatrique semble devenue un enjeu national, avec chaque année 2 millions de Français soignés pour des troubles sévères. Le 10 avril 2019, lors d'une enquête sur la prise en charge des troubles psychiatriques, "Pièces à conviction" donne la parole à des patients et leur famille. Comme Kilian et sa maman.

Kilian a 13 ans. Il vit avec ses parents et ses petits frère et sœur dans un village du Finistère. Il est schizophrène. Malgré un traitement, il se passe rarement une journée sans qu'il doive faire face à une ou plusieurs crises. Kilian ne connaît pas l'internement en hôpital, il a la chance d'être entouré par sa famille. Il a trouvé des façons de s'apaiser, comme de faire des balades en skate-board autour de sa maison, et parvient à une certaine socialisation : "J'arrive à me faire des amis facilement quand je suis calme, posé, et que je parle doucement", explique-t-il. 

Mettre un nom sur la maladie

Les premiers symptômes sont apparus vers l'âge de 6 ans : des hallucinations et un syndrome de persécution. A l'époque, sa maman n'arrivait pas à identifier le mal dont souffrait son petit garçon : "Quand on n'avait pas de nom à mettre sur la maladie, c'était encore des moments où on pouvait profiter… On n'avait pas encore tous ces problèmes, on vivait dans l'insouciance", raconte-t-elle.

Depuis ses 8 ans, Kilian suit un traitement, mais cela n'a pas empêché des crises de violence dont les murs de la maison familiale portent encore les traces : vitres cassées, chambranles des portes défoncés. "Quand il s'énerve, il tape dans les portes. Là, il a cassé tout le contour… On ne les refait pas, parce qu'il retape dedans. Donc on n'a plus beaucoup de portes encore en bon état", explique la maman.

Comment assumer la différence...

Kilian, qui a entendu la conversation, intervient : "Vous êtes en train de critiquer les autres… se plaint-il. Pourquoi vous parlez devant la porte ? Ils ne sont pas obligés de tout savoir ! Commères !" La présence des journalistes et de la caméra de "Pièces à conviction" ont irrité Kilian. Il n'apprécie pas que l'on parle de lui, de sa vie, et de sa schizophrénie…

Il lui faudra des longues minutes pour se calmer, et toute l'affection de sa famille pourtant seule face à la maladie et aux médecins, qui lutte pour ne pas être dépassée.

Extrait de " Psychiatrie : le grand naufrage", une enquête de "Pièces à conviction" à voir le 10 avril 2019.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.