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Santé : "Il faut agir", prévient le président de l'ordre des médecins, sinon "le système va aller à la fin de son cycle"

"Il y a un moment où il faut investir pour l'avenir" du sytème de santé, a prévenu dimanche Patrick Bouet, le président du conseil national de l'Ordre des médecins.

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Radio France
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Patrick Bouet, le président du conseil national de l'Ordre des médecins à Paris, le 29 octobre 2015. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le président du conseil national de l'Ordre des médecins publie mercredi un livre au titre évocateur : Santé: explosion programmée. Le sous-titre, Il faut agir maintenant, l'est tout autant. Patrick Bouet a relayé son appel dimanche 29 avril sur franceinfo. "Il faut agir, faute de quoi ce système va aller à la fin de son cycle", affirme ce médecin généraliste en Seine-Saint-Denis. Pour lui, "tant que le maître-mot sera 'économies', et non pas 'action auprès des patients', nous continuerons d'aller dans la spirale de la dégradation."

franceinfo : Quelle est la situation aujourd'hui ?

Patrick Bouet : C'est une situation d'une extrême tension, avec des professionnels de santé exaspérés, des patients qui s'inquiètent, des acteurs politiques locaux qui ne comprennent plus. Il faut agir, faute de quoi ce système va aller à la fin de son cycle, avec toutes les difficultés que cela peut représenter. La santé n'est pas moins importante que l'éducation ou la sécurité.

Le gouvernement est en train de préparer un plan pour revoir notre système de santé. Que demandez-vous aujourd'hui ?

Depuis 1974, il y a eu 23 plans, et il y a chaque année une loi de programmation et de financement de la sécurité sociale... Nous disons aux responsables politiques : cessez de penser la politique [de santé] entre vous, pensez-là pour les Français, les patients, les professionnels. Aujourd'hui, il y a des hommes et femmes qui attendent, espèrent, veulent que le système de santé se réforme pour y trouver chacun leur place et chacun leur réponse à leurs questions. Quant à la "réalité économique" qui nous est opposée... Tant que le maître-mot sera "économies", et non pas "action auprès des patients", nous continuerons d'aller dans la spirale de la dégradation. Il y a un moment où il faut investir pour l'avenir. Nous ne savons toujours pas investir pour l'avenir.

Des maisons de santé sont mises en place. Est-ce une bonne piste selon vous ?

C'est une piste, mais ce n'est pas la seule. L'État fait toujours la même erreur de penser que lorsqu'il y a une bonne idée, elle doit s'imposer partout. Ça fonctionne dans certains endroits, pas dans d'autres. Nous, nous proposons plus de mobilité, de flexibilité. D'amener du soin dans les territoires, pas forcément des établissements qui maillent les territoires. Nous pensons que les Français attendent avant tout d'avoir la possibilité d'accéder à des professionnels de santé près de chez eux, qu'ils soient publics, privés, libéraux ou salariés. Prenons l'exemple du plateau des Millevaches [en Limousin], ou du Luberon [en PACA] : dans ces endroits, il y a des cabinets qui s'associent avec des établissements pour tourner dans ces lieux de soins, apporter de l'accès au soin sans forcément avoir besoin de créer de nouveaux murs ou de nouvelles structures lourdes administrativement, ce que la France apprécie particulièrement.

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