Hôpital : "Il faut un choc financier à une autre hauteur que ce que nous propose aujourd'hui Jean Castex", estime les médecins urgentistes

Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes de France, admet qu'ils sont d'emblée méfiants face à un Premier ministre "à l'origine de ce contre quoi on se bat aujourd'hui, les fermetures de lits, la tarification à l'activité et la fameuse loi Bachelot".

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Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes de France, le 21 février 2019. (C?CILE CHAMPAGNAT / MAXPPP)

"Il faut un choc financier à une autre hauteur que ce que nous propose aujourd'hui Jean Castex", réagit mercredi 8 juillet sur franceinfo Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes de France, au lendemain de l'annonce par le Premier ministre d'une rallonge d'un milliard d'euros pour le personnel soignant. "Il va falloir qu'il rediscute avec monsieur Macron pour qu'il y ait une enveloppe très conséquente et qu'on puisse avoir un hôpital qui soit en fonctionnement cet été, à l'automne et l'hiver prochain", poursuit le médecin urgentiste.

"On était très suspicieux" parce que Jean Castex "était à l'origine de ce contre quoi on se bat aujourd'hui, c'est-à-dire les fermetures de lits, la tarification à l'activité et la fameuse loi Bachelot", explique Christophe Prudhomme. "Il revient, il se mouille puisqu'il vient à la table des négociations et il vient avec une toute petite enveloppe qui ne permet pas de répondre aux besoins qui ont été clairement exprimés par l'ensemble des syndicats du personnel", regrette-il.

Nous demandons 300 euros d'augmentation nets pour tous les soignants, rien que cette revendication, nous l'avons chiffrée, à minimum 12 milliards. Si on rajoute des emplois qui sont absolument nécessaires (…) nous avons fixé la barre à un minimum de 15 milliards d'euros.

Christophe Prudhomme, porte-parole de l'AMUF

à franceinfo

Christophe Prudhomme souligne que les revendications portent aussi sur des créations d'emplois et l'arrêt des fermetures de lits. "Là-dessus, nous n'avons aucun engagement écrit. Or, sur le terrain, les services continuent à fermer", "il reste encore beaucoup de sujets et on bloque sur le premier qui était une urgence, l'augmentation immédiate des salaires", déplore Christophe Prudhomme.

Le gouvernement a trouvé 15 milliards d'euros pour l'industrie aéronautique, un secteur d'activité très important. La santé est-elle moins importante que l'industrie aéronautique dans notre pays ?

Christophe Prudhomme

Pour Christophe Prudhomme, la meilleure réponse à la crainte d'une deuxième vague de Covid-19, "c'est de répondre aux revendications des personnels pour qu'on soit prêt, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui".

Un "vrai effort" pour la Fédération hospitalière de France

De son côté, Zaynab Riet a salué un "vrai effort de la Nation", sur franceinfo mercredi. Même si, selon la déléguée générale de la Fédération hospitalière de France, "le nœud du problème" concerne la "méthode". Elle estime qu'"il faut que, dans cette enveloppe, soit sanctuarisée ce qui relève du secteur public".

Mettons-nous d'accord sur la base de ces 7,5 milliards d'euros : comment on répartit ça pour les employés de la fonction publique, pour revaloriser le socle et rendre l'hôpital attractif ?

Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France

franceinfo

"Si nous négocions au sein de cette enveloppe du secteur public ce qui doit relever de la rémunération socle, et ce qui relève des autres aspects que sont l'attractivité", alors "nous pourrions nous en sortir", estime la déléguée générale de la Fédération hospitalière de France. Si Zaynab Riet veut donner la priorité au secteur public, elle a précisé que "ce qui ne signifie pas du tout qu'il n'y ait pas, en parallèle, des travaux à conduire avec les partenaires sociaux et les patronats du secteur privé pour revaloriser les soignants de ce secteur."

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