Chine : une célibataire saisit la justice pour congeler ses ovules

La réglementation chinoise interdit aux célibataires d'avoir recours à cette technique, à moins de souffrir d'un grave problème de santé.

Un service de biologie de la reproduction de l\'hôpital à Nice (Alpes-Maritimes), en octobre 2017. 
Un service de biologie de la reproduction de l'hôpital à Nice (Alpes-Maritimes), en octobre 2017.  (A. NOOR / BSIP / AFP)

Une célibataire chinoise a saisi la justice pour contester une loi qui interdit aux femmes non mariées de congeler leurs ovocytes, une première dans un pays où la pression du mariage reste forte. La jeune femme de 31 ans, Teresa Xu, a indiqué mercredi 25 décembre à l'AFP qu'un tribunal de Pékin avait jugé sa plainte recevable lundi, après six mois de procédure.

La réglementation chinoise interdit aux célibataires de congeler leurs ovules, à moins de souffrir d'un grave problème de santé. Elles n'ont pas non plus accès aux technologies de procréation assistée, notamment aux traitements de fécondation in vitro ou aux banques du sperme.

La plaignante affirme avoir intenté une action en justice après qu'un hôpital a refusé l'an dernier de congeler ses ovules, lui conseillant plutôt de "se marier et d'avoir un enfant"."Les cliniques refusent les femmes célibataires, à cause de lois injustes", explique Teresa Xu. Mais "il y a une énorme demande parmi les jeunes femmes en Chine – qu'elles soient mariées ou célibataires – pour congeler leurs ovules car ça permet de retarder le moment d'avoir un enfant", assure la trentenaire, qui travaille à son compte pour des réseaux sociaux.

Un taux de mariage en déclin 

Le développement économique et l'augmentation du coût de la vie ont poussé de nombreuses femmes sur le marché de l'emploi et les Chinoises tendent à se marier plus tardivement. Le taux de mariage est en déclin depuis cinq ans, tombant l'an dernier à 7,2 mariages pour 1 000 habitants.

Le mariage a longtemps été en Chine une obligation sociale plutôt que le couronnement d'une idylle. Passé 26 ans, la pression sociale impose aux femmes de se marier. "Mais beaucoup ne veulent pas" avoir d'enfant "parce qu'elles ont peur que leur carrière stagne ou (qu'elles soient) victimes de discrimination au travail", regrette Teresa Xu.