Cet article date de plus de neuf ans.

Toujours plus de médicaments en rupture de stock

Les pharmaciens sont désormais confrontés quotidiennement aux ruptures de stock : 5% des médicaments commandés sont concernés avec la moitié des interruptions dépassant les 4 jours. L'Académie de pharmacie publie ce mercredi une série de recommandations pour y remédier.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (Maxppp)

Aucun médicament n'est épargné par
ces problèmes d'approvisionnement.* "Un jour il s'agit
d'un vaccin, le lendemain d'un antibiotique ou d'un psychotrope ",* explique
Philippe Liebermann, pharmacien à Strasbourg et vice-président de la fédération
des syndicats pharmaceutiques de France.

La situation est encore plus grave pour les pharmaciens qui travaillent à
l'hôpital. Les ruptures de stocks et d'approvisionnement sont quotidiennes reconnaît le professeur Alain Astier : "Cela représente 10% de mes médicaments en rupture totale ou partielle de stock ", confie ce responsable de la pharmacie de l'hôpital Henri Mondor de Créteil. 

Pour l'Académie de
pharmacie, ces pénuries sont le résultat de problèmes et de blocages à tous les
stades de la chaîne du médicament. Une difficulté d'approvisionnement en
matières premières pharmaceutiques, d'autant plus difficile à compenser que 60
à 80% des principes actifs sont aujourd'hui fabriqués hors d'Europe,
principalement en Inde et en Chine, contre 20% il y a trente ans.

Prévoir des stocks de médicaments sensibles

Dans un décret publié en
octobre 2012
sur la sécurité de l'approvisionnement des médicaments,
le gouvernement avait déjà prévu l'obligation de couvrir les besoins des
patients français, mais sans mentionner explicitement les exportations. Le décret
prévoyait également la création de centres d'appel d'urgence par les
exploitants pharmaceutiques.

Des pistes sont évoquées pour sortir de l'impasse. En cas de rupture de stock chez le fabricant, l'Académie souhaite que les
pharmaciens soient informés plus vite et plus facilement par l'Agence de
sécurité du médicament. Il faudrait aussi qu'ils puissent contacter
le fabricant.

L'Académie propose également l'interdiction de l'exportation des médicaments sans
équivalent thérapeutique "nécessaires aux besoins nationaux " et
la mise en place d'un droit de substitution des
traitements par le pharmacien. Enfin Yves Juillet, président de l'Académie de pharmacie, milite pour la
création de stocks de médicaments sensibles.

Oeuvres liées

{% document %}

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Médicament

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.