Santé : le médicament Androcur remis en question

Selon une étude récente, un traitement au médicament Androcur pourrait multiplier les risques de méningiome (une tumeur au cerveau) par 20.

France 3

Il y a vingt ans, Christelle était mannequin et voulait devenir comédienne. Sa vie a basculé le 2 janvier 1998. Ce jour-là, on lui diagnostique un méningiome au cerveau, une tumeur grosse comme une balle de golf. À l'époque, elle prenait de l'Androcur pour traiter une acné résistante ainsi que comme contraceptif. Son médecin lui demande alors d'arrêter tout traitement hormonal. Mais l'alerte n'est donnée qu'en 2009 : certains soupçonnent des liens entre le méningiome et ce médicament, normalement prescrit à des femmes souffrant d'une forte pilosité ou à des hommes pour certains cancers de la prostate.

Les risques multipliés par 20

Il y a quelques semaines, une étude confirme les soupçons : l'Androcur multiplie par 7, voire par 20 pour un traitement supérieur à cinq ans, le risque de méningiome. Après avoir pris de l'Androcur pendant neuf ans, Marlène a dû être opérée d'une tumeur de 9 centimètres. Les séquelles sont importantes (épilepsie, problèmes de langage...). Christelle, elle, est atteinte d'un deuxième méningiome. Elle envisage de porter plainte contre le laboratoire Bayer. En France, 89 000 femmes ont pris de l'Androcur en 2017.

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Une boîte d\'Androcur dans une pharmacie parisienne, le 10 novembre 2004.
Une boîte d'Androcur dans une pharmacie parisienne, le 10 novembre 2004. (SIMON ISABELLE / SIPA)