Une enquête chez Teva après la mort d'un patient

Deux lots de comprimés de somnifères ont été vendus sous l'emballage d'un  diurétique. Un nonagénaire est mort, mais le parquet reste prudent.

Des comprimés de zopiclone 7,5 mg, un hypnotique utilisé pour traiter l\'insomnie, ont été conditionnés dans des emballages de furosémide 40 mg, un diurétique.
Des comprimés de zopiclone 7,5 mg, un hypnotique utilisé pour traiter l'insomnie, ont été conditionnés dans des emballages de furosémide 40 mg, un diurétique. (MAXPPP)

Une enquête a été ouverte, samedi 8 juin, après la mort d'un nonagénaire marseillais. Ce dernier aurait absorbé pendant plusieurs jours un somnifère Teva conditionné comme un diurétique. Deux lots de ce médicament font l'objet d'une mesure de rappel.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé, dimanche, qu'une enquête allait être menée par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans l'usine de conditionnement du laboratoire Teva à l'origine de l'erreur. Francetv info récapitule les éléments connus dans cette affaire.

Quels sont les lots de médicaments incriminés ?

Une erreur de conditionnement s'est produite sur la chaîne de fabrication des laboratoires israéliens Teva. Des comprimés de zopiclone 7,5 mg (également appelé Imovane), un hypnotique utilisé pour traiter l'insomnie, ont été insérés dans des emballages de furosémide 40 mg, un diurétique. L'alerte a été donnée par un pharmacien dont une patiente avait constaté des effets de somnolence inhabituels. La vente de ces lots a été bloquée dès vendredi soir.

Au total, 190 000 boîtes sont incriminées par l'ANSM. Les deux lots en cause sont numérotés Y176 (date d'expiration : 08/2015) et Y175 (date d'expiration : 08/2015). "Quelques dizaines de boîtes ont potentiellement eu ce problème de conditionnement", affirme de son côté un porte-parole de Teva.

Que sait-on de la mort du nonagénaire ?

Le vieillard, âgé de 92 ans, est mort à son domicile du 7e arrondissement de Marseille, des suites d'un œdème pulmonaire, selon les premières constatations des pompiers. Un emballage entamé issu d'un des deux lots rappelés ont été retrouvés chez lui. Mais d'autres boîtes conformes ont également été découvertes à son domicile. 

Le parquet se veut très prudent sur les causes de la mort. "Le somnifère incriminé n'est en soi pas mortel mais vu le grand âge de la victime, toute faiblesse médicale peut s'avérer grave", a affirmé le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest. Il précise que "la non-prise du diurétique [Furosémide Teva 40 mg] peut être à l'origine de l'œdème pulmonaire aigu".

Que faut-il faire si l'on consomme du Furosémide ?

Attention, il est inutile d'arrêter la prise du diurétique si vous n'avez pas vérifié que la boîte faisait partie des lots incriminés. Pour rappel : les lots Y176 et Y175 arrivent à expiration en août 2015. L'arrêt du traitement peut en effet provoquer des complications.

Si vous avez absorbé des médicaments des lots incriminés, le principal risque est un endormissement, qui peut s'avérer dangereux au volant. Un numéro vert, le 0800 513 411, a été mis en place pour les patients concernés. Vous devez ramener les plaquettes suspectes à votre pharmacie, qui le signalera ensuite au laboratoire, comme l'explique ce pharmacien à France 2.