Un plan national contre la maladie de Lyme

Le ministère de la Santé a annoncé, mercredi 29 juin 2016, le lancement en septembre prochain d'un plan national contre la maladie de Lyme pour mieux diagnostiquer et prendre en charge cette maladie. 

A l'issue d'une rencontre avec les représentants des associations de patients contre la maladie de Lyme, le ministère de la Santé a annoncé le lancement d'un plan national pour renforcer la prévention de la maladie, consolider son diagnostic, améliorer la prise en charge des personnes atteintes et associer l'ensemble des parties prenantes dans ce combat.

Ce plan s'inscrit dans la continuité des actions engagées, depuis 2014, pour renforcer les outils de lutte contre cette maladie, sur la base du rapport "Mieux connaître la borréliose de Lyme pour mieux la prévenir", du Haut conseil de santé publique (HSCP).

En France, 27.000 personnes sont touchées chaque année par cette borréliose, due à une bactérie transmise par les morsures de tiques. Il n'existe aucun vaccin contre la maladie de Lyme.

"Plus Lyme est détecté tôt, plus ses effets sont jugulés. En revanche, si on laisse les maladies évoluer les pathologies peuvent être particulièrement invalidantes", a souligné Marie-Claude Perrin, présidente de l'association Lyme sans Frontières (LSF), elle-même atteinte de la maladie. "Quand on a pas la chance d'être correctement diagnostiqué ce sont des années d'errance médicale". (voir encadré 1) 

Des tests de dépistage non fiables

En France, le dépistage de la maladie de Lyme se fait en deux temps. On effectue d'abord une première analyse sanguine sur laquelle on réalise un test Elisa. Si le test est négatif, la maladie est écartée. Si le test est positif, le patient réalise un nouveau test, le western blot plus précis pour confirmer ou non la contamination. Alors que la précocité du diagnostic est primordiale, il existe un nombre important de faux négatifs qui conduisent certains patients à une errance thérapeutique durant de longues années. En cause : la non fiabilité des tests de dépistage.

"Près de 250 patients s'apprêtent à déposer plainte contre des laboratoires pharmaceutiques auxquels ils reprochent de commercialiser des tests qui n'ont pas permis de les diagnostiquer", indique Me Julien Fouray, avocat des plaignants.

Les tests incriminés de type Elisa sont produits par une demi-douzaine de laboratoires, notamment Biomérieux et Diasorin. Ils résultent d'un consensus de soins établi par les autorités sanitaires en 2006, sur la base de directives américaines valables pour des souches américaines transmises par les tiques, mais il existe de nombreuses autres souches en Europe. "Les tests utilisés ne recherchent qu'une seule souche de borréliose. Alors qu'en Europe, il y a une multiplication des borrélioses avec plusieurs types de souches différents (quatre ou cinq types différents). Si vous n'en recherchez qu'une seule, vous n'avez que 20% de positifs", expliquait le Dr Michel Cohen, biologisteen 2014 aux journalistes du Magazine de la Santé.

Un certain nombre d'études ont montré que les tests diagnostics biologiques n'étaient pas efficaces. Le Haut Conseil à la santé publique (HSCP) l'avait déjà reconnu dans son avis de 2014.

Dans son communiqué, le ministère de la Santé précise qu'une évaluation des tests de dépistage a été conduite par l'agence du médicament ANSM et l'information du grand public, des médecins et des pharmaciens renforcée à travers des documents disponibles sur son site internet. Il annonce également qu'il va saisir" dans les tous prochains jours La Haute autorité de santé (HAS) pour qu'elle mette à jour ses recommandations sur le traitement des formes avancées de la maladie".(voir encadré 2)

Le laboratoire Biomérieux a, pour sa part, réagi à la polémique en soulignant que la maladie de Lyme est une maladie complexe et difficile à diagnostiquer. Il ajoute qu'il est indispensable de replacer le résultat d'un test dans le cadre plus large d'un examen médical complet pour diagnostiquer la maladie.