Un nouveau médicament, qui pourrait servir d'alternative au Levothyrox, en cours d'examen par les autorités sanitaires

Après les plaintes de patients atteints de troubles de la thyroïde, la ministre de la Santé avait annoncé que des alternatives seraient proposées au Levothyrox.

Le Levothyrox possède encore une part de marché écrasante, avec 90,5% depuis mi-octobre.
Le Levothyrox possède encore une part de marché écrasante, avec 90,5% depuis mi-octobre.

Encore en situation de quasi-monopole en début d’année, le laboratoire Merck voit, depuis octobre, s'empiler les concurrents de son médicament controversé contre l'hypothyroïdie. Le petit dernier vient de France et est examiné par les autorités sanitaires, a annoncé vendredi l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

"Il y a une demande d'autorisation de mise sur le marché qui est en cours d'examen, sous forme de capsule molle", a déclaré à la presse la directrice générale adjointe de l'ANSM, Christelle Ratignier-Carbonneil, au siège de l’agence à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Elle a précisé que cette demande venait des Laboratoires Genevrier, et que l'objectif était de rendre "un avis début 2018".

>> Levothyrox : coupable, forcément…

Le Levothyrox, du laboratoire allemand Merck, a soulevé une vague d'indignation de patients depuis l'été, nombre d'entre eux se plaignant d'effets secondaires après l'introduction d'une nouvelle formule en mars. Ce médicament était alors pris par quelque trois millions de personnes en France. Et le Levothyrox a encore une part de marché écrasante, avec 90,5% depuis mi-octobre.

Une analyse des 14 décès signalés est en cours

Deux concurrents, le L-Thyroxin Henning du français Sanofi et le L-Thyroxine (gouttes) du belge Serb, ne pèsent que 7,2% et 1,8% respectivement. L'ancienne formule du Levothyrox, réclamée en justice par certains patients, vendue sous le nom d'Euthyrox (Merck), n'est prescrite que dans des cas exceptionnels (0,5%). De plus, un générique, le Thyrofix du laboratoire suisse Unipharma, déjà commercialisé en Grèce et aux Pays-Bas, est disponible depuis mercredi dans les pharmacies de l’Hexagone. 

"Le paysage commence à se diversifier et notre objectif est de sortir de la situation délicate qui existe sur l'offre de lévothyroxine, de cette situation de crise", a précisé Mme Ratignier-Carbonneil.

L'ANSM a rappelé, comme l'avait indiqué mardi la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qu'une analyse complète de 14 décès signalés de patients traités au Levothyrox était en cours. Ses résultats doivent être présentés le 30 janvier lors d'un "comité technique de pharmacovigilance", et rendus publics dans les jours suivants.

Mme Buzyn avait indiqué mardi qu'il n'y avait "pas de lien établi" entre le Levothyrox et ces décès de "personnes très âgées, avec beaucoup de pathologies et qui prenaient beaucoup de médicaments".

Avec AFP