SOS Amitié : "La nuit on ne peut répondre qu'à un appel sur dix"

Avec l'arrivée de Noël et du Nouvel An, l’association S.O.S. Amitié reçoit toujours plus d’appels de personnes souffrant d’isolement.

1 Français sur 10 se sent seul.
1 Français sur 10 se sent seul.

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"Vers les fêtes de fin d’année, on constate une recrudescence des appels de personnes seules", alerte Alain Mathiot, président de S.O.S. Amitié. Aujourd’hui, son association, reconnue d’utilité publique pour la prévention du suicide en 1967, déplore une saturation de ses lignes. Et lance un appel : "L’objectif pour nous, c’est de recruter 500 écoutants supplémentaires. En région parisienne bien sûr, mais aussi dans nos 44 antennes locales."

"La majeure partie des appelants sont des travailleurs actifs"

Les chiffres sont alarmants : en France, 1 Français sur 10 se sent seul, et 35 % de la population n’entretient des échanges réguliers qu'avec ses voisins, selon le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie. Pour répondre à une demande d’écoute grandissante, S.O.S. Amitié a ouvert de nouveaux créneaux horaires, un service en ligne, et formé 190 internautes. Résultats : en deux ans, le nombre d’appels par chat a augmenté de 100 %. "Mais dans l’état actuel des choses, nous ne sommes en mesure de répondre qu’à un appel sur trois. Pendant la nuit, c’est encore pire, puisque ne nous répondons généralement qu’à un appel sur dix", déplore Alain Mathiot.

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"La plupart des personnes qui nous joignent par téléphone ont entre 25 et 45 ans. Le problème, c’est qu’il est toujours délicat de donner un âge aux appelants, puisqu’on ne le leur demande pas. On essaie de le situer en fonction des problèmes qu’ils rencontrent. Les personnes âgées, par exemple, nous font part de problèmes physiques, qui ont une influence sur leur solitude. Ce qui est sûr, c’est que la majeure partie des appelants sont des travailleurs actifs", précise le président de S.O.S. Amitié. "Les personnes qui souffrent beaucoup de la solitude sont aussi celles qui présentent des maladies psychiques. Leur pathologie fait fuir. Et en ces périodes de fin d’années, elles sont abandonnées" ajoute M. Mathiot.

"A Noël, ce n’est absolument pas le moment d’abandonner les personnes seules"

Autre particularité de l’isolement : celui-ci touche de plus en plus les jeunes et les adolescents. "Ils ressentent aussi la solitude, surtout sur les réseaux sociaux. Notre rôle, pour eux, c’est d’assurer une référence de bienveillance, tout en essayant de ne pas trop s’impliquer. La plupart du temps, les jeunes nous contactent via notre chat : près de 50 % de ceux qui nous joignent par Internet ont moins de 25 ans", explique Alain Mathiot.

Si tout le monde n’est pas en mesure de donner de son temps à l’association, chacun peut, à son niveau, aider les personnes isolées. "Ce qu’il faut essayer de faire, à l’échelle individuelle, c’est de garder le lien avec les personnes seules, voire de le recréer. Cela passe par l’écoute, surtout en ces périodes de fêtes de fin d’année. Ce n’est absolument pas le moment de les abandonner" prévient Alain Mathiot.