Les tampons et serviettes hygiéniques contiennent toujours des résidus chimiques

De nouvelles analyses mettent en évidence la présence récurrente de pesticides et de phtalates dans les protections périodiques féminines malgré les dernières recommandations officielles.

Les tampons et serviettes hygiéniques contiennent toujours des résidus chimiques
Les tampons et serviettes hygiéniques contiennent toujours des résidus chimiques (©Pixabay/iirliinnaa)

"Les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent." Dans son numéro du mois de mars 2019, le magazine 60 Millions de consommateurs dénonce la présence récurrente de résidus de pesticides - comme le controversé glyphosate - et de phtalates dans les tampons et les serviettes hygiéniques.

A lire aussi : Hygiène féminine : des nouvelles protections non toxiques

Un nouveau phtalate détecté

Trois ans après sa première alerte, et quelques mois après les recommandations officielles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publiées en juillet 2018, 60 Millions a en effet conduit de nouvelles analyses sur les protections périodiques. Résultat : "la présence récurrente du glyphosate ou d'un de ses dérivés dans des produits de grandes marques [...] interpelle de nouveau". Et les marques labellisées "bio" ne seraient pas épargnées, selon le magazine.

"Autre résultat remarquable: la présence de phtalates que nous n'avions pas détectés auparavant", poursuit 60 Millions de consommateurs. Parmi eux, une substance appelée DEHP que l'Agence européenne officielle en charge des substances chimiques  (ECHA) suspecte de pouvoir altérer la fertilité. A ce titre, le DEHP "fait partie des phtalates les plus préoccupants", selon le magazine.

Un effet inconnu sur le long terme

La question du risque pour les femmes n’est pas clairement établie. L’Anses, qui avait confirmé la présence de substances chimiques "en très faible concentration" dans les protections féminines, avait souligné que cela ne présentait pas de risque pour les utilisatrices. Mais même si la dose des substances chimiques présentes est faible, l’effet d’une exposition mensuelle à ces substances et ce sur plusieurs décennies reste inconnu. "Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections périodiques à usage unique peuvent être au contact de résidus pour le moins indésirables de manière chronique", dénonce ainsi le magazine.

Bientôt les composants indiqués sur les emballages ?

Par précaution, l’Anses avait recommandé aux fabricants "d'améliorer la qualité de ces produits afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques".

Mais de son côté, le syndicat des fabricants Group’hygiène a réagi en soulignant auprès de l’AFP que "les rares substances détectées [...] le sont à l'état de traces, à un niveau largement inférieur aux seuils sanitaires". Il a également insisté sur le fait que les substances détectées n’étaient pas ajoutées par les fabricants de manière intentionnelle mais qu’elles pouvaient "être présentes dans la majeure partie de l’écosystème agricole actuel et notre environnement : air, eau, sol…"

Quoi qu’il en soit, le magazine 60 Millions de consommateurs déplore un manque de transparence sur les ingrédients utilisés, qu’une réglementation contraignante pourrait combler en obligeant par exemple les fabricants à indiquer les composants sur les emballages des produits.