Hépatite C : une prise en charge plus rapide

En France, l'hépatite C chronique concernerait plus de 232.000 personnes en France (Inserm, 2014) et près de la moitié ignorent leur maladie. Il existe pourtant aujourd'hui des traitement efficaces qui permettent de soigner cette maladie en seulement trois mois. Pour faciliter le dépistage et la prise en charge rapide des malades, l'hôpital Paul-Brousse (Villejuif) vient donc d'ouvrir une consultation spécifique. Elle permet à tous les patients qui le souhaitent de voir un hépatologue dans la semaine et d'obtenir un diagnostic fiable en un temps record, une matinée au lieu de plusieurs mois habituellement. Reportage. 

Comme beaucoup de malades, Madhi a vécu sans le savoir plus de quinze ans avec une hépatite C. Les premiers doutes surviennent en 2010. Pour être sûr du diagnostic, il enchaîne les rendez-vous médicaux. "Avant, ça durait longtemps, il fallait six mois avant de rencontrer un médecin. Et puis il y a les analyses, les prises de sang, etc. Cela a pris plus d'un an", explique Madhi.

Quand elle est diagnostiquée, l'hépatite C a déjà détruit son foie. Il apprend dans la foulée qu'il souffre d'une cirrhose. Pour en finir avec des dépistages trop longs, qui s'étalent sur plusieurs mois, l'hôpital Paul-Brousse a donc décidé de prendre en charge les patients en une matinée.

Une fois inscrit à la consultation, le patient est fixé sur son état en moins de 4 heures, grâce à une équipe mobilisée deux fois par semaine. "Une fois que le prélèvement est fait, le coursier emmène les tubes dans les différents laboratoires de biochimie et de virologie. Les résultats vont permettre de savoir vite si le patient est atteint ou non d’une hépatite et globalement de voir l’état de son foie", explique Sophie Dumont, infirmière au centre hépato-biliaire de l'hôpital Paul-Brousse. 

Si une réponse rapide est aujourd'hui possible c'est notamment grâce aux progrès techniques. Pour savoir si un patient est contaminé par le virus de l'hépatite B ou C, il faut calculer sa charge virale. L'hôpital est équipé de l'une des premières machines capable de faire ce calcul en un temps record, à partir d'un seul prélèvement. "Avant, il fallait obtenir un nombre minimal d’échantillons qu’on appelait une série, il en fallait 48 ou 96, donc il fallait plusieurs jours pour avoir le résultat de charge virale", précise le Pr Ana Maria Roque-Afonso, chef du service de virologie de l'hôpital Paul-Brousse. 

En regroupant tous les examens sur une seule matinée, les médecins espèrent surtout inciter les malades à se soigner au plus vite et leur permettre un suivi plus régulier.