États-Unis : des champignons hallucinogènes légaux contre la dépression

Les deux villes américaines de Denver et d’Oakland ont choisi de dépénaliser les champignons hallucinogènes quand ils sont utilisés pour soulager la dépression, l’anxiété et le stress post-traumatique.

États-Unis : des champignons hallucinogènes légaux contre la dépression
États-Unis : des champignons hallucinogènes légaux contre la dépression (Crédits Photo : © Wikicommons / Mushroom Observer)

Après Denver en mai, c’est au tour d’Oakland. Ces deux villes américaines, situées respectivement dans le Colorado et en Californie, sont les premières à dépénaliser l’usage de champignons hallucinogènes pour traiter les dépressions, les états anxieux et les syndromes de stress post-traumatique, rapporte le Guardian. La mesure a été adoptée à l'issue d'un référendum citoyen le 9 mai 2019 à Denver et par les membres du conseil municipal le 5 juin à Oakland.

"Ce ne sont pas des drogues, ce sont des plantes médicinales"

Les champignons concernés sont surnommés "champignons magiques" et contiennent de la psilocybine, un composé chimique aux propriétés psychédéliques. Leur usage et leur possession sont donc désormais autorisés dans ces deux villes américaines pour les adultes de plus de 21 ans. A Oakland, le cactus à mescaline, la plante iboga et la liane amazonienne ayahuasca bénéficient également de cette mesure.

"Ils sont naturels et utilisés par l’homme depuis des milliers d’années" a déclaré au Guardian Carlos Plazola, le directeur du groupe Decriminalize Nature Oakland à l’origine de la loi de dépénalisation. "Ce ne sont pas des drogues. Ce sont des plantes médicinales. Nous pensons simplement qu’elles n’auraient jamais dû être illégales."

Un avis partagé par le conseiller municipal d’Oakland Noel Gallo, qui a sponsorisé cette mesure : "Ce sont des remèdes qui ont fait leurs preuves. Les gens les utilisent déjà. Ils les ont déjà chez eux, ce n’est pas un nouveau produit."

Substances psychédéliques et santé mentale

Au-delà de ces arguments, les partisans de la dépénalisation se sont appuyés sur plusieurs études scientifiques, dont une publiée en avril dernier dans la revue Plos One par des psychiatres de l’université Johns Hopkins (Baltimore). Selon cette publication, les expériences "profondes" comme celles vécues grâce à la consommation de substances psychédéliques seraient liées à une amélioration de la santé psychologique.

En 2012 déjà, une étude londonienne montrait que la psylocibine jouait un rôle dans la dépression. En effet, cette substance inhibait l’activité de certains neurones, ralentissant ainsi l’activité de zones du cerveau décrites comme hyperactives lors d’un état dépressif.