L'épidémie d'Ebola menace la sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest

En raison de l'épidémie, les prix des denrées flambent et la main-d'œuvre manque pour les récoltes.

Un marché de Conakry, en Guinée, le 2 décembre 2010. Ce pays, durement touché par le virus Ebola, voit les prix des denrées alimentaires flamber.
Un marché de Conakry, en Guinée, le 2 décembre 2010. Ce pays, durement touché par le virus Ebola, voit les prix des denrées alimentaires flamber. (PASCAL GUYOT / AFP)

La crise sanitaire provoquée par l'apparition du virus Ebola en Afrique de l'Ouest pourrait bien déboucher sur une crise alimentaire. L'épidémie qui impose des quarantaines aux populations des trois pays les plus touchés perturbe les récoltes et fait flamber les prix des denrées, s'inquiète, mardi 2 septembre, l'organisation spécialisée de l'ONU, la FAO.

En Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les zones de quarantaine et les restrictions aux déplacements des personnes "ont sérieusement limité le mouvement et la commercialisation des aliments", prévient la FAO dans un communiqué. Résultats : "Cette situation a engendré des achats dictés par la panique, des pénuries alimentaires et de fortes flambées des prix pour certaines denrées, en particulier dans les centres urbains", poursuit l'organisation.

Pénurie de main-d'œuvre

Les mécanismes de veille de l'institution ont d'ailleurs déclenché une "alerte spéciale". D'autant que cette situation est aggravée par les pénuries de main-d'œuvre à l'approche des deux grandes campagnes agricoles de la région concernant le riz et le maïs, "mettant en péril la sécurité alimentaire de grands nombres de personnes", prévient la FAO. 

Les trois pays concernés sont importateurs nets de céréales, notamment le Liberia, "le plus dépendant des approvisionnements externes", souligne la FAO. A Monrovia, la capitale, certains aliments ont vu leur prix bondir. Le manioc, par exemple, denrée de base, a "grimpé en flèche de 150% durant les premières semaines d'août"

Pour répondre aux besoins alimentaires immédiats, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une opération d'urgence à l'échelle régionale prévoyant quelque 65 000 tonnes de nourriture en faveur d'1,3 million de personnes, indique l'organisation. Mais elle insiste aussi sur la nécessité d'évaluer rapidement les "mesures susceptibles d'atténuer l'impact des pénuries de main-d'œuvre durant la période de récolte et pour les activités après récolte".