L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo est une urgence sanitaire "de portée internationale", alerte l'OMS

L'épidémie de virus Ebola, qui provoque de fortes fièvres et des hémorragies souvent mortelles, a fait près de 1 700 morts depuis l'été dernier.

Un patient touché par Ebola traité dans un centre médical à Beni (République démocratique du Congo), le 31 mars 2019.
Un patient touché par Ebola traité dans un centre médical à Beni (République démocratique du Congo), le 31 mars 2019. (BAZ RATNER / REUTERS)

L'épidémie d'Ebola qui sévit depuis l'été 2018 en République démocratique du Congo (RDC) n'a quasiment pas franchi les frontières du pays. Mais elle est désormais "une urgence de santé publique de portée internationale", a déclaré l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mercredi 17 juillet. Elle a déjà fait près de 1 700 morts.

L'agence spécialisée de l'ONU explique notamment cette décision par la découverte d'un premier cas mortel à Goma, deuxième ville de RDC, à la frontière avec le Rwanda. En juin, deux cas mortels avaient été détectés en Ouganda voisin.

La maladie à virus Ebola provoque de fortes fièvres et, souvent, des hémorragies sévères. Entre 30 et 90% des personnes infectées y succombent, selon les épidémies et l'espèce virale, précise l'Institut Pasteur.

Une mesure exceptionnelle

L'urgence sanitaire mondiale est une mesure exceptionnelle, qui n'a été décrétée que quatre fois seulement par l'OMS : en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 11 300 morts dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) et en 2016 pour le virus Zika.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé qu'il "était temps pour le monde de prendre acte" de l'épidémie, mais il a recommandé que les frontières de la RDC avec ses voisins restent ouvertes.

Les experts du Comité d'urgence de l'OMS ont également exprimé leur "déception au sujet des retards dans le financement" de l'aide.