Ebola : l'OMS se prépare au "pire des scénarios" en République démocratique du Congo

Une trentaine de cas d'Ebola ont été signalés dans le pays ces dernières semaines.

Un infirmier dans une unité de quarantaine contre Ebola, le 13 juin 2017 à Muma (République Démocratique du Congo).
Un infirmier dans une unité de quarantaine contre Ebola, le 13 juin 2017 à Muma (République Démocratique du Congo). (JOHN WESSELS / AFP)

L'Organisation mondiale de la santé a jugé, vendredi 11 mai, "élevé" le risque de propagation de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et annoncé qu'elle se préparait au pire. "Nous sommes très préoccupés et nous nous préparons à tous les scénarios y compris au pire des scénarios", a déclaré le directeur du programme de gestion des situations d'urgence de l'OMS, Peter Salama.

Ce dernier a précisé que l'agence spécialisée des Nations unies avait comptabilisé 32 cas – 2 confirmés, 18 probables et 12 suspects –, dont 18 décès, entre le 4 avril et le 9 mai, dans l'ouest du pays, à la frontière avec le Congo-Brazzaville. Trois de ces 32 malades sont des membres du personnel soignant, ce qui préoccupe fortement l'OMS, car de tels cas peuvent avoir un rôle "d'amplificateur" de l'épidémie.

Neuf pays voisins en "état d'alerte"

Ce responsable de l'OMS a également annoncé que l'ONU espérait mettre en place un pont aérien dès "ce week-end" avec des hélicoptères pour acheminer le matériel nécessaire dans cette région pauvre en infrastructures. En outre, l'Organisation mondiale de la santé attend le feu vert des autorités de la République démocratique du Congo pour distribuer un vaccin expérimental contre Ebola. A ce jour, l'épidémie "semble être géographiquement limitée", dans une "région éloignée", note l'OMS dans un bulletin.

"Toutefois", poursuit l'organisation, "compte tenu des données disponibles, le risque global est considéré comme élevé au niveau national en raison de la nature de la maladie et du manque d'informations épidémiologiques et démographiques pour estimer l'ampleur de l'épidémie". L'OMS a envoyé des épidémiologistes sur place pour évaluer l'ampleur de l'épidémie.

Au niveau régional, neuf pays voisins ont été mis en "état d'alerte" et le risque a été jugé "élevé" pour la République centrafricaine et la République du Congo, en raison de leur proximité avec le fleuve Congo.