VIDÉO. ''Le modèle transfrontalier est mis entre parenthèses'' : en Guyane, la plus grande frontière terrestre française est fermée en raison du coronavirus

En Guyane, l’épidémie a débuté à l’est, à la frontière avec le Brésil, pays d’Amérique du sud qui comptabilise près de 60 000 morts. Depuis le 19 mars, la frontière entre ces deux pays est donc fermée.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

C’est le département français le plus touché actuellement par le coronavirus : la Guyane a franchi les 4 000 cas. L’épidémie a débuté à l’est, à la frontière avec le Brésil, pays d’Amérique du sud qui comptabilise près de 60 000 morts. Depuis le 19 mars, la frontière entre ces deux pays est donc fermée. Vu du ciel, c'est un territoire gigantesque rempli d'une forêt dense sur près de 700 kilomètres : la plus grande frontière terrestre française est fermée et sous surveillance depuis bientôt quatre mois, à cause de la crise sanitaire du coronavirus.

Le dispositif n'a jamais été aussi étanche, même si au vu de l'immensité de ce territoire, il est impossible d'avoir un dispositif étanche à 100%.

Marc Del Grande, préfet de Guyane 

à franceinfo

La zone la plus habitée est située sur les deux rives du fleuve Oyapock. La police aux frontières et la marine brésilienne y effectuent des passages constants. ''Les moyens de la PAF ont été renforcés, ainsi que ceux de la gendarmerie et ceux des forces armées en Guyane qui assurent, en appui et au profit de la PAF, une mission de surveillance et de souveraineté à la frontière'', ajoute Marc Del Grande. ''C'est beaucoup d'huile de coude, poursuit le préfet. On tient quasiment 24h/24h, avec des embuscades, une volonté de chasser ceux qui veulent traverser, et on obtient des résultats. En fait, le modèle transfrontalier est mis entre parenthèses pendant l'épidémie.'' 

''Il y a beaucoup moins de passages''

En temps normal, cette frontière n'existe quasiment pas, comme entre la France et l'Allemagne, par exemple. Les habitants peuvent normalement aller et venir, mais désormais, c'est bel et bien terminé. ''Il y a beaucoup moins de passages, témoigne un habitant. Bien sûr, les contrôles ont été renforcés. Il y en a qui arrivent à passer : la frontière est tellement vaste que c'est quand même compliqué... Maintenant, sur 100% de passage il y a au moins 85% qui ne passent plus.'' D'autant que côté brésilien, dans la ville d'Oiapoque, 30 000 habitants, le coronavirus a déjà fait onze morts. La ville est également sous le coup d'une enquête fédérale pour trafic de matériel médical.

 La zone la plus habitée est située sur les deux rives du fleuve Oyapock.
La zone la plus habitée est située sur les deux rives du fleuve Oyapock. (LAURENT MACCHIETTI / RADIO FRANCE)