Vaccin contre le Covid-19 : "Il va falloir communiquer de la façon la plus transparente possible" auprès des Ehpad, estime l'infectiologue Odile Launay

La première phase de la campagne de vaccination s'adressera aux 750 000 résidents d'Ehpad ainsi qu'au le personnel. Il faut les informer "de l'intérêt du vaccin", tout comme leurs familles, plaide la coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur.

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Odile Launay, infectiologue à l’hôpital Cochin à Paris. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

La Haute autorité de santé (HAS) a dévoilé lundi ses recommandations pour la future campagne de vaccination contre le Covid-19. Elle se déroulera en cinq phases en commençant par les personnes âgées en Ehpad.  "Il va falloir communiquer de la façon la plus transparente possible sur les données disponibles auprès des personnes qui sont hébergées mais aussi auprès de leurs familles", alerte, lundi 30 novembre, sur franceinfo Odile Launay, professeure en maladies infectieuses à l'université de Paris, membre du comité scientifique "vaccin Covid-19" et coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur (Paris).

On va avoir des vaccins en nombre limité pour démarrer. Donc le choix est de vacciner les personnes qui sont le plus à risque de faire des formes graves et de décéder de cette maladie.

Pr Odile Launay

à franceinfo

"Les Ehpad sont la priorité d'autant plus que le virus continue de circuler dans ces établissements", ajoute l'infectiologue. 750 000 personnes âgées sont ainsi concernées par cette première phase de vaccination ainsi que les salariés de ces établissements présentant "un risque de forme grave, soit 90 000 à 100 000 personnes", a indiqué ce lundi la Haute autorité de santé.

"Une organisation particulière"

Le premier vaccin qui va circuler en France sera un vaccin ARN messager. "Les données qui ont été publiées montrent que l'efficacité est de 95% et qu'elle semble également de 94% chez les plus de 65 ans, précise Odile Launay. Donc, on n'a pas de données précises chez les populations très âgées, mais évidemment, il va falloir regarder de près. Ce qu'on souhaite c'est protéger les personnes les plus fragiles". La coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur prône donc une communication transparente avec les résidents et leurs familles : "Ils doivent être informés de la façon la plus claire possible sur l'intérêt de ces vaccins dans cette population très fragilisée par le virus".

Cette campagne de vaccination qui devrait débuter en janvier va demander "une organisation un peu particulière", fait savoir l'infectiologue. "On a l'habitude de vacciner contre la grippe chaque année. Là, la situation va être un tout petit peu différente puisqu'on va avoir des vaccins multi-doses : avec une dose de vaccin on va pouvoir vacciner cinq personnes". Au fur et à mesure du temps, la campagne sera élargie à d'autres publics et s'étalera donc "sur plusieurs mois avec une arrivée progressive des doses et une arrivée aussi progressive d'autres vaccins", prévient Odile Launay.

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