Vaccin contre le Covid-19 : "Il fallait commencer par les soignants", estime le professeur Éric Caumes

Ne pas vacciner les soignants dans un premier temps, "c'est comme d'envoyer des pompiers au feu, sans combinaison ingnifugée", estime Éric Caumes.

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Radio France
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Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, était l'invité du "8h30 franceinfo", lundi 26 octobre 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Il fallait commencer" la campagne de vaccination "par les soignants parce que c'est quand même eux qui sont au front, ce sont eux qui meurent aussi du Covid", a réagi le professeur Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, samedi 9 janvier sur franceinfo.

C'est "un profond mépris vis-à-vis du corps médical et paramédical et des soignants dans leur généralité de ne pas leur proposer la vaccination. C'est comme d'envoyer des pompiers au feu, sans combinaison ingnifugée", a ajouté Éric Caumes.

"Une seule dose ne protège pas suffisamment." 

Il estime que "c'est le b.a.-ba de demander à un soignant d'éviter de contaminer les malades". Selon le professeur Éric Caumes : "La vaccination contre la grippe devrait être obligatoire chez des soignants. Je vous rappelle que la vaccination contre l'hépatite B est obligatoire chez les soignants." ll poursuit et estime "qu'il n'est pas absurde de déclarer que certaines vaccinations doivent être obligatoires chez les soignants pour leur éviter d'initier des chaînes de transmission dans les hôpitaux ou de contaminer leurs malades".

Par ailleurs, le professeur Éric Caumes s'interroge sur "l'efficacité" du vaccin si la deuxième injection est différée, comme l'envisage le gouvernement pour le vaccin Pfizer-BioNTech. "La vérité, c'est qu'une seule dose ne protège pas suffisamment." Trois semaines après la première dose, "vous n'avez que 50% d'efficacité, 52% exactement". "Donc, vous imaginez que si vous avez 52 % d'efficacité trois semaines après la première injection, six semaines plus tard, vous n'êtes plus à 50%", a-t-il expliqué sur franceinfo. Impossible de donner un pourcentage d'efficacité plus précis, "puisqu'on parle dans le vide", car "ces études n'existent pas", a-t-il conclu.

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