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Infographies Vaccin contre le Covid-19 : vous avez du mal à prendre rendez-vous sur Doctolib ? On vous explique pourquoi

Au niveau national, entre 70% et 80% des centres de vaccination référencés sur la plateforme Doctolib affichent complet. Mais dans certaines régions, les places libres ne manquent pas ces derniers jours.

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Franceinfo a passé au crible les listings de la plateforme Doctolib. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)

Le message est souvent le même. "En raison d'une forte demande et d'un nombre limité de doses, aucun créneau de vaccination n'est disponible dans ce centre." Sur le site Doctolib, les candidats à la vaccination contre le Covid-19 ont de grandes chances de tomber sur ces mots. Alors que le gouvernement communique sur l'accélération de la campagne de vaccination, les files d'attente restent longues dans les centres.

Doctolib fait partie des quatre opérateurs, avec les plateformes Maiia, KelDoc et Clickdoc, retenus par le gouvernement pour organiser la prise de rendez-vous dans les 1 440 centres de vaccination ouverts à ce jour. Près de 90% des centres ont choisi Doctolib pour les réservations en ligne. Afin de mesurer l'état des files d'attente, franceinfo a donc passé au crible les listings du site internet. 

Une majorité de centres affiche complet

Les vaccinations sont actuellement ouvertes à trois catégories de population : les plus de 70 ans, les personnes vulnérables à très haut risque et les plus de 50 ans qui ont des comorbidités (diabète, hypertension, obésité…). Pour ce dernier groupe, les personnes de 50-54 ans sont comptabilisées à part, car elles n'ont pas accès au vaccin AstraZeneca. Selon les jours et les heures, entre 70% et 80% des centres affichés par Doctolib sont complets. Vendredi 26 mars, au niveau national, cette proportion variait entre 78% et 81%, selon les catégories de population.

Mais de grandes disparités régionales émergent

Ces chiffres cachent en réalité une forte hétérogénéité à l'échelle des régions. Si, dans des territoires comme la Bretagne, le Centre-Val de Loire ou encore les Hauts-de-France, la plupart des centres affichent complet, il n'en va pas de même en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté ou en Provence-Alpes-Côte d'Azur*. Un phénomène que constatent également les autorités depuis quelques jours. "L'Ile-de-France, la région Bourgogne-Franche-Comté et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont fait état de l'allongement des délais pendant lesquels des rendez-vous restaient ouverts", confirme ainsi la direction générale de la santé à franceinfo.

"Depuis deux semaines, c'est vrai qu'on a plus de mal à remplir les créneaux ouverts aux plus de 75 ans. Il n'y en a plus beaucoup qui s'inscrivent", admet Agnès Giannotti, médecin coordinatrice du centre de vaccination du 18e arrondissement de Paris. De fait, la proportion de personnes de plus de 75 ans ayant reçu au moins une injection est désormais élevée. Elle dépasse les 50% dans plusieurs régions, dont l'Ile-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté.

Il est donc logique que les candidats soient moins nombreux. L'annonce faite par Emmanuel Macron, mardi, d'élargir la vaccination aux personnes de 70 à 74 ans sans comorbidité est en réalité une réponse à cette tendance. Les doses non demandées menaçaient d'être perdues, faute de patients. Officiellement, cette extension n'est entrée en vigueur qu'à compter de ce samedi 27 mars, mais dans certains centres d'Ile-de-France, les personnes de cette tranche d'âge sont vaccinées depuis le lundi 22 mars.

Peu de médecins proposent des rendez-vous en ligne pour une vaccination

Si les centres sont vite saturés sur internet, c'est aussi que tous les rendez-vous ne sont pas mis en ligne. Beaucoup de médecins coordonnateurs des centres de vaccination préfèrent passer par d'autres canaux, comme les cabinets médicaux, qui permettent de mieux sélectionner les profils. "Lorsqu'on ouvre des tranches horaires sur Doctolib, les places partent en un rien de temps. Mais les personnes inscrites ne correspondent pas forcément au public prioritaire. On a donc décidé que l'humain devait reprendre le dessus sur la machine", explique le docteur Jean-Christophe Calmes, président de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du bassin de Thau (Hérault).

Sur ce territoire, qui regroupe 13 communes, une partie seulement des rendez-vous sont proposés sur les sites internet. Les autres sont affectés via les cabinets médicaux ou les centres communaux d'action sociale (CCAS). La docteure Anne-Laure Bonis, présidente de la CPTS de Côte-d'Or, en charge d'un centre de vaccination à Dijon, donne également la priorité aux patients sélectionnés au cas par cas par les médecins.

"Beaucoup de candidats se sont inscrits comme personnes vulnérables, de bonne foi, parce qu'ils sont diabétiques ou qu'ils souffrent d'hypertension. Mais cette catégorie est en réalité réservée à des profils très spécifiques : les transplantés, les patients en chimiothérapie ou encore les personnes atteintes de maladies rares."

Anne-Laure Bonis, médecin à Dijon

à franceinfo

Inutile également de passer par les plateformes en ligne pour se faire vacciner directement chez son médecin généraliste. Très peu y proposent des rendez-vous. Vendredi 26 mars, seulement 20 cabinets étaient référencés pour la vaccination contre le Covid-19 sur Doctolib.

Trouver un créneau est plus facile en se connectant les jeudis et vendredis

Les personnes qui souhaitent s'inscrire dans les centres de vaccination ont le plus de chances de trouver un créneau disponible en se connectant le jeudi et le vendredi. Comme le montre le graphique ci-dessous, les réservations ont atteint des pics hebdomadaires ces jours-là, lors des trois premières semaines de mars. Un phénomène qui s'explique par l'ouverture de centres éphémères exclusivement le week-end.

Et l'arrivée des vaccinodromes à partir de début avril devrait permettre d'amplifier ce mouvement. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé lundi 22 mars l'ouverture d'"au moins 35" de ces mégacentres capables de réaliser 1 000 à 2 000 injections quotidiennes. En déplacement à Valenciennes mardi, Emmanuel Macron a réaffirmé que l'objectif de 10 millions de Français vaccinés à la mi-avril serait atteint. "Il n'y a pas de jour férié, pas de week-end pour cette bataille", a assuré le chef de l'Etat. Un changement de cap, alors que jusqu'à présent la grande majorité des centres de vaccination sont fermés les week-ends. D'après la liste des centres de vaccination éditée par le ministère de la Santé, moins de 6% sont ouverts le dimanche et 30% le samedi.

Mais dans les centres de vaccination, cette question de l'ouverture les week-ends ne fait pas l'unanimité. "L'histoire du dimanche, ça m'agace, s'emporte la docteure Agnès Giannotti, à Paris. Il faut aussi être capable de tenir la distance. On a toujours dit : 'Vous nous donnez les doses et on les administre.' Actuellement, tous les vaccins reçus sont injectés. Par contre, s'il y a trop de doses et qu'il y a besoin de jours d'ouverture supplémentaires, alors on s'organisera autrement. Mais nous sommes dans une course de fond. Et on ne va certainement pas se griller dans les 100 premiers mètres pour faire de la communication."

D'après les dernières prévisions communiquées par la Direction générale de la santé (DGS), les livraisons de vaccins, qui ont connu de nombreux soubresauts depuis janvier, devraient s'accélérer fortement à partir du mois d'avril. D'ici à l'été, la DGS table sur 41,1 millions de doses reçues de Pfizer-BioNTech, 15,4 millions de doses pour AstraZeneca, 8,1 millions pour Janssen/Johnson & Johnson et 6,7 millions pour Moderna. Enfin, s'il est validé par les autorités sanitaires, le vaccin CureVac devrait arriver avec un million de doses. Le nombre total de doses reçues devrait s'établir à 72,4 millions au mois de juin.

* Compte tenu d'un trop faible nombre de centres affichés sur Doctolib, les délais d’attente ne sont pas calculés pour la Corse.

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