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"Il faut vraiment convaincre, discuter, mobiliser", affirme Yves Jégo, qui appelle les chefs d'entreprise à se faire vacciner pour montrer l'exemple

"Je crois qu'il y a une vertu de l'exemple", a affirmé l'ancien secrétaire d'État.

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Radio France
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Yves Jégo, en janvier 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Il y a une "une prise de conscience qui est en train de se faire depuis quelques heures" au sujet du vaccin contre le Covid-19, a assuré dimanche 3 janvier sur franceinfo Yves Jégo, ancien secrétaire d'État sous François Fillon, député et président fondateur de la certification Origine France garantie. Il a signé avec d'autres chefs d'entreprise une tribune publiée dans le Journal du dimanche pour encourager les patrons à se faire vacciner pour montrer l'exemple.

franceinfo : pourquoi les chefs d'entreprise veulent-ils montrer l'exemple ?

Yves Jégo : Je crois qu'il y a une vertu de l'exemple. Il faut d'abord rassurer la moitié des Français qui ont peur de se faire vacciner et qui l'expriment. Je pense qu'on n’éradiquera pas le Covid-19 si on n'arrive pas à un taux de vaccination très élevé. Et puis, il faut aussi que l'entreprise soit le lieu où on ait d'abord ce débat, le lieu de l'exemplarité sur ces questions. La loi permet aux entreprises de sortir du cadre économique en leur donnant une responsabilité sociétale. Je pense que les entrepreneurs sont aussi des porte-paroles de la vaccination et qu'ils peuvent ouvrir ce débat dans les milliers d'entreprises françaises.

Comment expliquez-vous les réticences aux vaccins d'une grande partie des Français ?

Cela veut dire qu'il y a beaucoup de désinformation. Il y a de l'inquiétude. On est dans une société supra informée, ultra informée, où, au fond, l'information vient tuer l'information. Je pense qu'il faut effectivement rassurer. Je pense qu'il y a un problème. On le voit dans les sondages où une part très importante de nos compatriotes hésite, aurait peur, ne voudrait pas se faire vacciner. C'est sans doute d'ailleurs ce qui a poussé le gouvernement à être assez prudent dans le démarrage de cette vaccination. Je pense maintenant qu'il faut prendre conscience que le Covid-19 est pire que la vaccination, que la maladie est pire que le remède et qu'il faut vraiment convaincre, discuter, mobiliser.

Est-ce que le gouvernement n'accorde pas trop d'importance aux anti-vaccins ?

Je crois que c'est très compliqué de gouverner la santé des Français par ces temps difficiles. On peut aujourd'hui dire le gouvernement va trop lentement et que si on avait ouvert massivement des centres de vaccination avec des images de gens qui ne voulaient pas, on aurait fait une autre type de critiques. Donc, c'est compliqué. Je pense qu'il y a une prise de conscience qui est en train de se faire depuis quelques heures que, au fond, la vaccination est le seul moyen de se sortir du Covid-19, qu'il faut accompagner ce mouvement, sonner la mobilisation à tous les échelons.

Le gouvernement a annoncé une accélération et on ne peut que s'en réjouir, des sites de vaccination. Mais nous disons aussi que chacun à son rôle à jouer. Chacun est responsable de tous. Chacun doit prendre sa part. Un chef d'entreprise qui a 10, 15, 20, 50, 100, 200, 300 salariés peut ouvrir ce débat dans l'entreprise. Il peut permettre d'avoir un choix éclairé à ses collaborateurs pour faire avancer une cause sanitaire, qui est une cause sociale, mais qui est aussi une cause économique. Et on voit bien qu'il faut faire redémarrer l'économie. Et pour redémarrer l'économie, il faut éradiquer le Covid-19.

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