Covid-19 : On manque "de vaccins ARN Messager, pour les plus de 75 ans", alerte une infectiologue

La Haute Autorité de santé a approuvé mardi le vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19, sauf pour les plus de 65 ans.

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Radio France
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Illustration vaccin contre le covid-19.  (JANE BARLOW / POOL)

"Ce sont de bonnes nouvelles, car nous avons trois vaccins qui ont une autorisation de mise sur le marché en Europe", a réagi mardi 2 février sur franceinfo, Odile Launay, infectiologue, membre du comité scientifique vaccin-Covid19 et coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur après l'approbation par la Haute Autorité de santé (HAS) du vaccin AstraZeneca. La HAS n'a cependant pas autorisé ce vaccin pour les plus de 65 ans. "On est dans une situation où on n'a pas suffisamment de vaccins ARN Messager, pour vacciner les plus de 75 ans qui représentent environ 8 millions de personnes", regrette l'infectiologue.

franceinfo : Qu'avez-vous pensé des annonces du chef de l'Etat qui indique que début mars, 80% pour des pensionnaires des Ehpad qui le souhaitent seront vaccinés. Cela représente un 1,5 million de personnes ?

Odile Launay : Je pense que ce sont de bonnes nouvelles parce qu'aujourd'hui, nous avons trois vaccins qui ont une autorisation de mise sur le marché en Europe. Mais la difficulté est qu'on a un manque de doses assez importantes en particulier du premier vaccin qui utilise l'ARN Messager. On a des doses qui permettent tout juste de faire la deuxième injection aux personnes qui ont reçu la première dose, alors qu'on voudrait pouvoir protéger encore plus de personnes. Je pense, en particulier aux personnes de plus de 75 ans qui, jusqu'à présent, ont un accès relativement difficile à la vaccination.

Tout de même que la campagne de vaccination va connaître une accélération dans les prochains jours ? Les prochaines semaines ?

L'arrivée du vaccin d'AstraZeneca va apporter un nombre de doses supplémentaires qui est bienvenu. La difficulté, c'est que ces vaccins vont être réservé aux personnes de moins de 65 ans, dans la mesure où les essais ont été réalisés majoritairement chez les sujets plus jeunes et qu'on a très peu de données pour pouvoir les utiliser chez les plus de 65 ans.

On est dans une situation où on n'a pas suffisamment de vaccins ARN Messager, pour vacciner les plus de 75 ans qui représentent environ 8 millions de personnes, et on va avoir ces vaccins qu'on va pouvoir administrer chez les moins de 65 ans. Il reste la catégorie des 65-75 ans pour lesquels il va falloir attendre encore un peu pour pouvoir les vacciner. Ces vaccins ARN Messager sont extrêmement efficaces. On va réussir à contrôler la circulation du virus de ces variants grâce à ces vaccins qui permettent de finalement s'adapter aux virus et à ses variants.

Emmanuel Macron a également indiqué que la campagne de vaccination à elle seule ne pourrait répondre dans l'immédiat à la pression épidémique. Que veut-il dire par là ?

On entend par là que le virus circule à une intensité assez élevée actuellement, avec l'apparition de ces variants qui, progressivement, vont remplacer le virus ancien. On sait qu'en Ile-de-France, par exemple, la proportion du variant [anglais], c'est 20% des diagnostics qui sont faits, alors que cela représentait à-peu-près 1% au début du mois. Ce variant va prendre la place et il présente la particularité d'être plus contagieux.

On est confronté aujourd'hui à la nécessité d'être très vigilant, de détecter de faire le diagnostic de ces infections, de pouvoir tester les contacts et de pouvoir isoler les cas infectés pour éviter une dissémination trop importante du virus.

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