Covid-19 : les infirmiers libéraux veulent pouvoir vacciner sans "être tributaires des prescriptions des médecins"

La présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers libéraux, Catherine Kirnidis, déplore dimanche 7 mars que sa profession, qui compte 130 000 représentants sur le territoire, ne puisse pas vacciner contre le Covid-19 en autonomie.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une infirmière prépare le vaccin contre le Covid-19 dans un centre de vaccination de Périgueux, en Nouvelle-Aquitaine. (EMMANUEL CLAVERIE / FRANCE-BLEU PÉRIGORD)

"Les infirmiers libéraux ont la possibilité de vacciner, mais pas en autonomie", a regretté sur franceinfo dimanche 7 mars, Catherine Kirnidis, présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux. "Les sages-femmes et les pharmaciens peuvent prescrire le vaccin", comme le prévoit un décret, mais "nous, on va être tributaires des prescriptions des médecins". "À l'heure actuelle, on ne peut pas vacciner contre le coronavirus Covid-19 directement si un médecin n'a pas fait la consultation pré-vaccinale", a-t-elle pointé.

Alors que la campagne de vaccination tend à s'accélérer depuis ce week-end, la présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers libéraux explique que sa profession compte 130 000 représentants sur le territoire.

Si on veut être beaucoup plus efficaces, il faudrait que les infirmiers libéraux puissent avoir la possibilité de vérifier l'éligibilité des patients qui seraient vaccinables, et de vacciner sans le besoin de voir un médecin.

Catherine Kirnidis

à franceinfo

Si les infirmiers libéraux avaient la possibilité de prescrire et d'administrer le vaccin contre le Covid-19, comme c'est le cas depuis 2011 avec le vaccin contre la grippe, Catherine Kirnidis avance que tous les publics pourraient être touchés. "On a l'habitude de faire de la vaccination, explique-t-elle, notamment aux personnes âgées ou les personnes avec des pathologies chroniques. On pourrait vacciner quasiment tout le monde sauf des personnes pour lesquelles on peut imaginer qu'il y a une inéligibilité à vérifier par un médecin : par rapport à un risque infectieux ou par rapport à une pathologie particulière, auquel cas, on oriente ces patients vers le médecin". Catherine Kirnidis explique aussi que si le décret n'évolue pas, "quand il y aura des vaccins qui seront transportables à domicile, on ne pourra pas non plus vacciner nos patients qui ne peuvent pas se déplacer".

A la question de savoir si cette situation pourrait s'expliquer par une réticence des médecins de voir les infirmiers libéraux vacciner, Catherine Kirnidis assure qu'il n'y a "pas tant de tensions que cela" entre les deux professions, mais concède qu'il "semble qu'il y ait encore ce verrou médical où les médecins veulent encore avoir un regard". "On peut entendre il y a la question de la traçabilité des vaccins, poursuit-elle; mais les médecins ont tout à fait la possibilité de vérifier que leurs patients ont été vaccinés." Elle cite ainsi le cas d'autres pays européens ou du Canada qui laissent les infirmières vacciner sans prescription médicale.

On prend du retard en matière de développement de la vaccination et c'est fort dommage parce que chez les infirmiers libéraux, c'est dans nos compétences, dans notre capacité en termes de nombre et de déploiement sur le territoire.

Catherine Kirnidis

à franceinfo

Interrogée sur la possible réticence des soignants à se faire vacciner, notamment avec les propos du Premier ministre Jean Castex, qui rapporte que seuls 30 % du corps médical est vacciné, Catherine Kirnidis explique que "pour ce qui concerne les infirmiers libéraux, quand la vaccination a été ouverte, en Normandie par exemple, 90 % des professionnels de santé qui se sont fait vacciner la première semaine étaient des professionnels de santé libéraux. Les libéraux se font vacciner en masse et attendent ça. On a conscience que c'est important", a conclu la présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.