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Covid-19 : "Il est encore temps de rattraper ce sentiment d'un démarrage poussif" en accélérant la vaccination, estime le maire de Nancy

"Appuyons-nous sur les territoires, ils sont prêts à agir", a affirmé Mathieu Klein.

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Radio France
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Le maire de Nancy Mathieu Klein, le 16 décembre 2020. (CEDRIC JACQUOT / MAXPPP)

Le maire de Nancy, Mathieu Klein, a jugé "incompréhensible" la lenteur avec laquelle la France s'engage dans la vaccination contre le Covid-19, par rapport à ses voisins européens. Selon l'élu socialiste, "il est encore temps de rattraper ce sentiment d'un démarrage poussif" et de donner "des perspectives d'espoir" en accélérant la vaccination.

franceinfo : Avancer le couvre-feu à 18 heures, cela vous parait-il une mesure suffisante ?

Mathieu Klein : Je fais partie de ceux qui, avec le maire de Reims, le président de la région Grand Est et d'autres, avaient appelé à un confinement pendant les fêtes, rapide, complet, pour casser l'évolution de l'épidémie. Le couvre-feu est une mesure qui nous semble relativement tardive et malheureusement, peut-être, insuffisante, mais espérons qu'ils produisent des effets. À Nancy, dans le Grand Est, depuis le début du mois de décembre, la situation se dégrade continuellement, que ce soit au niveau de la circulation du virus, que ce soit au niveau des lits à l'hôpital ou dans les cliniques privées qui sont clairement aujourd'hui trop sollicitées par les patients Covid-19. Donc nous sommes face à une épidémie qui a repris à un rythme effréné. Deux heures, c'est peut-être déjà un premier pas, mais ça risque d'être insuffisant.

Avez-vous l'impression d'avoir été entendu par le gouvernement ?

Nous n'avons pas été encore assez entendus puisque nous réclamions ce confinement pour casser plus nettement la courbe de l'épidémie. Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est de donner des perspectives d'espoir et les perspectives d'espoir, c'est la vaccination. Il est nécessaire que l'accélération ait lieu. Nous avons d'ailleurs commencé dès le 31 décembre à vacciner notamment les soignants de plus de 50 ans. Et nous avons veillé, par exemple, à ce que les personnels qui travaillent à domicile ou qui accompagnent les personnes âgées, les auxiliaires de vie, les aides à domicile puissent être bénéficiaires dès maintenant de la vaccination s'ils ont plus de 50 ans. Nous préparons dès à présent la vaccination pour les personnes âgées de plus de 75 ans et de plus de 65 ans hors Ehpad parce qu'il faut aller vite. Dans les territoires qui sont les plus touchés comme le nôtre, il faut aller très vite.

Comment expliquez-vous le démarrage très lent de la vaccination en France ?

C'est incompréhensible ! Il est encore temps de rattraper ce sentiment d'un démarrage poussif, parce qu'il est aujourd'hui urgent de donner cette perspective d'espoir. Nous pouvons nous instruire d'ailleurs de ce qu'a été la gestion du débat sur les masques au début de la pandémie. Aujourd'hui, appuyons-nous sur les territoires, les territoires sont prêts à agir. Le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que les doses arrivent dans le pays, la responsabilité de les répartir sur le territoire.

Nous demandons à ce que les territoires, les régions les plus touchées soient servis rapidement. Ensuite, les territoires sont prêts et organisés pour assurer l'accès à la vaccination du plus grand nombre. Je crois que l'erreur à ne pas commettre serait d'indexer toute la campagne de vaccination uniquement sur le sentiment de ne pas effrayer les vaccinaux sceptiques. Aujourd'hui, il y a 50% de Français qui sont prêts à se faire vacciner. Moi, je veux que nous nous appuyions sur eux pour créer un effet levier parce que c'est la seule sortie durable de cette crise. Donc, on tirera les bilans et les comptes à la fin. Pour l'instant, travaillons ensemble.

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