Covid-19 : et si la 2ème vague permettait à la recherche médicale de progresser ?

La forte hausse du nombre de malades représente paradoxalement une opportunité pour les chercheurs qui peuvent relancer leurs essais cliniques et affiner les résultats de leurs études sur le coronavirus.

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Radio France
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Une chercheuse de l'Institut Pasteur de Lille, le 1er octobre 2020. (SYLVAIN LEFEVRE / AFP)

En pleine crise sanitaire, le constat peut sembler paradoxal : la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 est une bonne nouvelle pour la recherche. C'est l'occasion d'étudier des effets du virus sur les malades. Les essais cliniques qui avaient été interrompus faute de malades l'été dernier sont de nouveau d'actualité, et les chercheurs espèrent pouvoir répondre à certaines questions médicales restées en suspens.

Des hypothèses pas encore confirmées 

La nicotine ou le vaccin du BCG (contre la tuberculose) protègent-ils de la maladie de Covid-19 ? Franceinfo s’était fait l’écho de ces hypothèses dès le mois d’avril et des scientifiques ont lancé des essais cliniques pour y répondre partout dans le monde. Mais c’était alors la fin de la première vague, ce qui signifiait moins de malades, moins de volontaires à inclure pour de nombreux essais cliniques qui nécessitent de surveiller les réactions des patients contaminés à certaines molécules et puis les congés d’été ont mis la recherche de côté.

Aujourd’hui, avec le retour de l’épidémie, ces études reprennent. Comme l'essai clinique français sur le BCG mené par Camille Locht, directeur de recherche à l'Institut Pasteur de Lille : "Cette étude a démarré à bas bruit. Le protocole prévoit que l'on arrive à peu près à 1 200 patients qui intègrent l'essai clinique. Pendant longtemps, on était autour d'une centaine, et aujourd'hui il y en a quelques centaines. On a donc relancé les différents centres qui avaient des problèmes de recrutement. J'espère maintenant que ça va accélérer."

Pendant une crise épidémique avec l'augmentation du nombre de cas, notamment sévères, les résultats des essais cliniques vont probablement être plus fiables.

Camille Locht, directeur de recherche à l'Institut Pasteur de Lille

à franceinfo

A l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP), l’essai clinique NICOVID-PREV recrute en ce moment des personnels soignants pour tester les potentiels effets d’un patch de nicotine sur la contamination. En pleine épidémie, le recrutement des volontaires est plus aisé car il y a davantage d’intérêt des Français pour la science.

La situation sanitaire est aussi plus intéressante pour les scientifiques, "C'est évidemment plus intéressant parce que pendant l'épidémie, le risque d'avoir des cas de maladie est plus élevé. Ce que l'on cherche à la fin, c'est de savoir si le BCG diminue le nombre de cas de la maladie, ou la sévérité de la maladie. Alors si la circulation du virus ralentit et qu'il y a peu de cas, c'est difficile d'avoir des chiffres statistiquement valables qui permettent de le dire". Avec beaucoup de retard sur le calendrier initial, Camille Locht espère conclure ces recherches sur l’effet protecteur ou non du vaccin du BCG l’été prochain.

La 2ème vague épidémique relance la recherche sur le coronavirus - Le reportage de Solenne Le Hen
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