AstraZeneca : "il n'y a pas de raison de ne pas continuer de vacciner les personnes âgées de plus de 55 ans", selon le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale

Pédiatre et professeur d'immunologie, Alain Fischer affirme que le vaccin AstraZeneca a montré qu'il était "aussi efficace que les vaccins ARN pour protéger en particulier les personnes âgées".

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Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale était l'invité du "8h30 franceinfo", vendredi 12 février 2021. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

L’Agence européenne des médicaments (AEM) a estimé mercredi que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme des effets secondaires "très rares" du vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19. "On a tous les éléments pour continuer de dire que ce vaccin est efficace", a expliqué jeudi 8 avril sur franceinfo le pédiatre et professeur d'immunologie Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.

>> Ce que l'on sait du lien entre le vaccin AstraZeneca et les très rares cas de thromboses après la mise au point de l'Agence européenne des médicaments.

franceinfo : Faut-il changer les règles concernant la vaccination ?

On a tous les éléments pour continuer de dire que ce vaccin est efficace, il a été montré aussi efficace que les vaccins ARN pour protéger en particulier les personnes âgées. Il y a un signal de risque faible d'accident thrombotique plutôt chez des personnes relativement jeunes, moins de 50 ans et donc il n'y a pas de raison de ne pas continuer de vacciner les personnes âgées de plus de 55 ans.

L'âge d'administration change selon les pays et certains continuent de le suspendre. Qu'en pensez-vous ?

Le Royaume-Uni se distingue très clairement des autres pays européens, mais il faut d'abord dire que l'ensemble de la communauté européenne, les grands pays de la communauté européenne ont la même perception de l'analyse bénéfice-risque, donc les mêmes recommandations sur l'utilisation de ce vaccin chez les personnes les plus âgées.

Faut-il envisager de ne plus l'administrer à certaines personnes ?

Des analyses sont en cours pour essayer de comprendre ce qui se passe exactement dans les rares cas d'accidents thrombotiques qui sont associés à des autoanticorps. Pour l'instant, il n'a pas été mis en évidence de facteur de risque précis qui permet de circonscrire le groupe à risque. En dehors de personnes qui ont eu des complications extrêmement rares il n'y a pas de personnes à risque identifiées.

Que doivent-faire les personnes qui ont reçu la première dose et qui ne sont plus éligibles à la deuxième dose parce qu'ils ont moins de 55 ans 

Il faudra certainement qu'ils reçoivent une seconde dose de vaccin pour les protéger pleinement contre le risque de Covid. D'ici demain viendra un avis de la Haute autorité de santé et une proposition sera faite pour permettre à ces personnes d'être pleinement vaccinées sans prise de risque, même aussi faible soit-il. L'utilisation d'un autre vaccin est une éventualité qui est considérée.

Des patients devant se faire vacciner avec le Moderna ont parfois annulé. Savez-vous pourquoi ?

J'ai entendu dire sous forme de rumeur que le vaccin Moderna n'aura pas une presse aussi bonne que le vaccin Pfizer. C'est ridicule et faux. Le vaccin Moderna ressemble énormément au Pfizer, ils sont extrêmement proches dans leur principe d'action et quasiment identique. Ces deux vaccins sont biens tolérés et parfaitement efficace. Donc, il n'y a aucune raison de refuser ou d'avoir peur de recevoir le vaccin Moderna.

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