Royaume-Uni : Boris Johnson maintient son conseiller spécial accusé d'avoir enfreint le confinement

Le Premier ministre britannique a tranché en faveur de Dominic Cummings, malgré la déferlante d'indignation et d'appels, y compris dans les rangs de sa majorité conservatrice. 

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France Télévisions
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Dominic Cummings, conseiller spécial de Boris Johnson, quitte les bureaux du Premier ministre britannique, à Londres, le 24 mai 2020. (ISABEL INFANTES / AFP)

Il sauve le poste de Dominic Cummings. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a décidé, dimanche 24 mai, de maintenir son conseiller spécial, pourtant accusé d'avoir violé les règles du confinement imposé pour lutter contre le nouveau coronavirus. Malgré la déferlante d'indignation et d'appels, y compris dans les rangs de sa majorité conservatrice, pour exiger son départ, le chef du gouvernement a estimé que celui-ci avait agi de "façon responsable, légale, et avec honnêteté".

Dominic Cummings, 48 ans, cerveau de la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit, est au cœur d'une tempête politique depuis que deux journaux ont révélé, vendredi soir, qu'il s'était rendu fin mars avec sa femme et leur fils chez ses parents à Durham, à 400 km au nord-est de Londres, alors qu'il craignait d'être atteint du Covid-19. La polémique a redoublé quand les éditions dominicales du Guardian et du Mirror (en anglais), à l'origine des premières révélations, ont affirmé que Dominic Cummings avait également été vu à Durham le 19 avril, cinq jours après son retour à Londres pour se remettre au travail après sa guérison.

Dominic Cummings aurait également été vu le 12 avril, le dimanche de Pâques, à Barnard Castle, à une cinquantaine de kilomètres de Durham, selon le Guardian et le Mirror. Selon ces journaux britanniques, le retraité convaincu de l'avoir reconnu a porté plainte auprès de la police, pour de possibles infractions aux lois sur la santé.

"Certainement pas indispensable"

"Ce qu'ils ont fait est parfaitement compréhensible", a déclaré le Premier ministre au sujet des Cummings, lors d'une conférence de presse. Selon Downing Street, Dominic Cummings avait besoin d'aide pour la garde de son fils, alors que sa femme était malade, et la famille a séjourné dans un bâtiment séparé de la propriété. Boris Johnson estime que nombre des affirmations relayées dans la presse sont "manifestement fausses".

Néanmoins, l'affaire Cummings a également ému dans les rangs du Parti conservateur de Boris Johnson, où le puissant conseiller, qui n'est pas membre du parti, compte de nombreux ennemis. Steve Baker, député influent et partisan acharné du Brexit, a estimé que Dominic Cummings devait partir. "Il n'est certainement pas indispensable", a déclaré l'élu sur la chaîne d'information Sky News. "C'était un test pour le Premier ministre et il a échoué", a réagi le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, dénonçant "une insulte aux sacrifices faits par le peuple britannique". "Des millions de gens ont mis leurs vies entre parenthèses, ont fait des sacrifices énormes pour obéir aux règles pendant cette période", a souligné une responsable du Parti travailliste.

"Arrogant et grossier"

Dans la foulée de l'intervention de Boris Johnson, un tweet véhément a mystérieusement surgi d'un compte gouvernemental, @UKCivilService : "Arrogant et grossier. Pouvez-vous imaginer d'avoir à travailler avec ces tordeurs de vérité ?" Rapidement supprimé, le message va faire l'objet d'une enquête, selon le gouvernement.

Avant cette affaire, le Royaume-Uni a connu deux démissions retentissantes pour non-respect du confinement en vigueur depuis le 23 mars. Un influent conseiller scientifique du gouvernement, le professeur Neil Ferguson, avait démissionné après avoir reçu chez lui une femme, présentée comme sa maîtresse. Début avril, la cheffe des services sanitaires écossais, Catherine Calderwood, a quitté son poste après avoir reconnu s'être rendue à deux reprises dans sa résidence secondaire.

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