Renault : "Bruno Le Maire est incapable d'entendre autre chose que ce que les représentants des actionnaires lui demandent de faire", juge la CGT

"Renault joue sa survie", a déclaré le ministre de l'Économie vendredi 22 mai. Pour Fabien Gache, délégué syndical central CGT chez Renault, Bruno Le Maire est en train "de valider" les délocalisations de Renault.

Le délégué syndical central CGT de Renault, Fabien Gache, le 22 février 2019, au Mans.
Le délégué syndical central CGT de Renault, Fabien Gache, le 22 février 2019, au Mans. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Alors que Renault doit présenter un plan d'économies de deux milliards d'euros la semaine prochaine et que plusieurs sites du groupe sont menacés de fermeture en France, le ministre de l'Economie a dit souhaiter que Renault ajuste son outil de production et ne ferme pas d'usines. Des déclarations de Bruno Le Maire qui ne rassurent "absolument pas" Fabien Gache, délégué syndical central CGT chez Renault. "Il est totalement formaté au logiciel patronal classique, il est incapable d'entendre autre chose que ce que les représentants des actionnaires lui demandent de faire", a-t-il regretté ce vendredi 22 mai sur franceinfo.

Rester sur cette position n'aura pas d'autres effets que de fragiliser encore davantage Renault au risque de ne plus rien avoir en France.Fabien Gache, délégué syndical central CGT chez Renault.à franceinfo

Le groupe automobile doit pourtant bénéficier d'un prêt de 5 milliards d'euros de la part de l'Etat. "On pense qu'on peut faire moins de marge mais qu'on peut faire du volume en rééquilibrant les volumes de fabrication. On a démontré qu'il était faux de dire qu'on ne pouvait pas fabriquer des Clio, des Sandero ou des Duster", a expliqué Fabien Gache.

La CGT demande des "véhicules innovants" et "populaires"

Si les choses continuent telles qu'elles sont, "il ne restera plus que la fabrication de gros véhicules électriques vendus entre 40 et 70 000 euros, qui ne s'adresseraient qu'à une petite partie de la population française, et ne résoudront pas la problématique environnementale. Il faut orienter des choix vers des véhicules innovants, notamment avec la fabrication d'un véhicule populaire, pour répondre à des besoins sociaux en termes d'emplois et d'activités industrielles, mais aussi de répondre à des enjeux environnementaux."

Pour Fabien Gache, Bruno Le Maire est en train "de valider" les délocalisations de Renault. "En quelques années, plus de 600 véhicules ont quitté l'hexagone en termes de production. On a perdu 120 000 emplois directs qui sont liés à l'activité des constructeurs automobiles", a-t-il déclaré.