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"Quand on sera déconfinés, le virus circulera encore, et il faudra absolument se protéger", explique un infectiologue

"Se protéger" veut dire porter un masque, même après le "déconfinement".

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Radio France
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Le professeur Francois Bricaire, chef du service infectiologie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, en 2009. (MAXPPP)

Le gouvernement et le directeur général de la Santé recommande dorénavant le port du masque par la population pour lutter contre l'épidémie de coronavirus Covid-19. "Quand on sera déconfinés, le virus circulera encore, et il faudra absolument se protéger", a expliqué lundi  6 avril sur franceinfo François Bricaire, infectiologue et membre de l'Académie de médecine. "Tout tissu est susceptible de freiner ou d'arrêter la contamination", comme "une écharpe, un bandana bien serré".

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franceinfo : Faut-il se fabriquer un masque ?

François Bricaire : Oui, à la lumière de ce que l'on constate, de l'évolution des choses, les masques se révèlent plus nécessaires que ce qui était prévu, supposé, il y a quelques temps. Maintenant, il est certain qu'il faut essayer de se protéger surtout pendant la période où les gens vont aller à l'extérieur. Quand on sera déconfinés, le virus circulera encore, et il faudra absolument se protéger pour ne pas risquer de le transmettre à des personnes qui n'ont pas été malades.

Pourquoi dites-vous cela aujourd'hui ? Parce que nous n'avions pas assez de masques avant ou à la lumière de nouvelles études scientifiques ?

Je dirai les deux. Des travaux avaient montré par le passé que porter un masque en toute circonstance dans la rue n'était pas efficace, d'autres montraient qu'on avait intérêt à le porter. Cette discordance justifiait une attitude prudente vis-à-vis des masques. Deuxièmement la disponibilité et la livraison en masques étant insuffisantes, il fallait les réserver à des prioritaires. Donc, ne pas privilégier un port systématique.

Va-t-il être obligatoire ?

Je ne sais pas s'il sera obligatoire mais il faut que les gens se disent eux-mêmes qu'ils ont intérêt à avoir un masque même s'il est alternatif. Tout tissu est susceptible de freiner ou d'arrêter la contamination. Une écharpe, un bandana bien serré, on voit déjà des gens qui les utilisent.

Vous avez signé un appel pour élargir l'utilisation de l'hydrochloroquine. De quoi s'agit-il ?

Ce manifeste qu'on a lancé a pour but de permettre d'utiliser l'hydrochloroquine, dont on ne sait pas si elle est efficace ou pas, en milieu hospitalier. Cela permettrait aux médecins, qui le souhaitent, dans les formes encore peu sévères mais hospitalisées de prescrire de la chloroquine. Si j'étais chef de service, je ne sais pas si je m'abstiendrais de l'utilisation.

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