Plan blanc dans les hôpitaux de Lyon : le nombre de patients en réanimation dans le Rhône a été multiplié par huit en un mois et 92% des lits sont occupés, indique l'ARS

L'agence régionale de santé d'Auvergne-Rhône-Alpes précise qu'un quart des plus importants foyers de contamination au Covid-19 de la région concerne l'enseignement supérieur.

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Radio France
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Le srvice de réanimation de l'hôpital de la Croix Rousse à Lyon, le 9 juillet 2020. (MAXIME JEGAT / MAXPPP)

Alors que le plan blanc a été déclenché dans les hôpitaux lyonnais pour faire face au rebond de l'épidémie de coronavirus, Serge Morais, directeur général adjoint de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, a exposé mercredi 23 septembre sur franceinfo les derniers chiffres du Covid-19. Ainsi, par rapport à la fin du mois d'août, le nombre de patients en réanimation, en cette fin du mois de septembre, a été multiplié par six en région Auvergne-Rhône-Alpes et par huit pour le seul département du Rhône. L'ARS écarte toutefois, à ce stade, un risque d'engorgement des hôpitaux : "Les établissements publics et privés de la région et du département du Rhône font face", a indiqué Serge Morais. "Le taux d'occupation est de 92%" des lits en réanimation.

Par ailleurs, alors que 252 cas de Covid-19 ont été recensés à l'Ecole centrale de Lyon, le directeur général adjoint de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a précisé qu'un quart des plus importants foyers de contamination de la région concerne l'enseignement supérieur.

franceinfo : Quelle est la situation épidémique en ce moment dans la région lyonnaise ?

Serge Morais : En Auvergne Rhône-Alpes, sur la totalité de la région, nous avions 242 patients hospitalisés pour Covid-19 le 22 août. Hier [mardi 22 septembre], on était à 768 patients hospitalisés, soit trois fois plus. Pour la région Rhône-Alpes c'est même six fois plus, puisque nous avions 19 patients hospitalisés en réanimation en région le 22 août et 127 le 22 septembre. Pour le département du Rhône, le nombre de patient est multiplié par huit avec huit patients en réanimation le 22 août et 64 à la journée d'hier.

Si cette trajectoire persiste dans les prochaines semaines, y a-t-il un risque d'engorgement des hôpitaux de Lyon ?

Le risque d'engorgement, il faut l'entendre à double entrée. Tout d'abord, la capacité d'accueillir des patients en hospitalisation, maladies infectieuses ou hospitalisation conventionnelle, continue à être réelle et les établissements publics et privés de la région et du département du Rhône font face. Ensuite, il y a la question de la réanimation et cela doit s'entendre également à double entrée, parce que l'activité chirurgicale est très forte, comme dans toutes les régions depuis le début du mois de septembre, la fin du mois d'août même, et elle continue à être forte. Par ailleurs, avec la reprise de l'épidémie, des patients Covid sont accueillis en réanimation et finalement, il y a la nécessité de juguler ces deux phénomènes qui nous conduit à prendre des dispositions, territoire par territoire, en fonction de l'évolution épidémique.

Est-ce que des opérations chirurgicales non-urgentes pourront donc, dès à présent, être reportées ?

Nous ne sommes pas encore sur cette disposition-là. Nous avons demandé hier aux établissements publics et privés d'activer leur plan blanc. L'objectif premier est tout d'abord de pouvoir mettre en place ce dispositif de gestion de crise, puisque c'est avant tout de ça dont il s'agit : pouvoir mettre en place une cellule de crise qui se réunit quotidiennement, faire un point sur le personnel, sur les stocks et également ouvrir des lits supplémentaires. À l'heure où l'on se parle, cinq lits supplémentaires en réanimation ont été ouverts à la Croix-Rousse pour les Hospices civils de Lyon. Nous avons également la possibilité d'avoir des lits supplémentaires si nécessaire. Il est important de savoir que, d'ailleurs, tous les lits ouverts dans le département du Rhône, à savoir plus de 190 lits en réanimation ouverts, ne sont pas tous occupés. Le taux d'occupation est de 92%.

À l'Ecole centrale de Lyon, un tiers des 1 500 élèves ont été testés et la moitié sont positifs au coronavirus, soit un peu plus de 250 cas. Comment faire pour contenir ces foyers de contamination ?

Il est important de rappeler la manière dont nous avons procédé en lien avec la direction de l'École centrale. Nous avons décidé le week-end dernier de mettre en place un dépistage local avec l'appui des Hospices civils de Lyon et des pompiers de la métropole de Lyon. Plus de 500 patients ont été dépistés avec beaucoup de cas positifs parmi les élèves. Parmi le personnel de l'École centrale, seul un cas positif, ce qui montre bien que l'observance des gestes barrières est primordiale. Et puis il y a un service médical au sein de l'École centrale qui permet d'apporter au quotidien une réponse aux étudiants. Par ailleurs, si l'on analyse nos clusters à criticité élevée, à savoir au moins cinq patients positifs et de nombreux cas contacts, nous voyons que nous en avons en région 46 et un quart d'entre eux concerne l'enseignement supérieur, dont l'École centrale de Lyon.

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