"On arrive à 10 ou 12 admissions par jour" : des centres d'accueil permettent une prise en charge des sans-abri testés positifs au Covid

Au centre d'Athis-Mons, les sans-abri contaminés au coronavirus viennent s'isoler et se reposer. Le nombre d'accueils a explosé par rapport au premier confinement.

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Radio France
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Dépistage gratuit proposé aux sans-abris par l'ARS Nouvelle-Aquitaine à La Rochelle, le 4 juin 2020. (MARIE-LAURENCE DALLE / FRANCE-BLEU LA ROCHELLE)

Pour faire face à la 2ème vague de Covid-19, les centres dédiés aux sans-abris sont restés ouverts ou ont été réactivés. Ils permettent de confiner les SDF testés positifs. Comme à Athis-Mons (Essonne), où se trouve l'un des centres Covid pour les sans-abri d'Île-de-France.

Le directeur du centre Dhahak Haykel fait la visite : "Les chambres font 26-27 mètres carrés, avec une salle de bain et des sanitaires. On est pas dans des espaces restreints", souligne-t-il. C'est vrai qu'il y a de l'espace dans cet ancien Ehpad, où règne une ambiance feutrée puisque les sans-abri sont confinés dans leurs chambres.

Le nombre de personnes positives a explosé

Une aile est dédiée aux personnes positives et une à celles qui sont à risques. Au total, il sont 40 sans-abri ici. Beaucoup plus que lors de la première vague, selon Dhahak Haykel, qui travaille pour l'association d'insertion Aurore. "La grande différence c'est qu'à la première vague nous n'avons pas eu beaucoup d'accueils, ou deux à trois personnes par semaine. Dans le cadre de la 2ème vague, on arrive à des admissions à 10-12 personnes par jour depuis plusieurs jours", note-t-il. Ce qui s'explique notamment par la montée en puissance du dépistage selon le directeur. "Aujourd'hui il y a beaucoup plus d'endroits où l'on peut se faire tester", rappelle-t-il. 

Le centre est aujourd'hui à la moitié de sa capacité, il accueille des femmes seules ou des familles. Pour beaucoup, il s'agit de migrants qui ont été contaminés dans la rue ou dans des centres d'hébergement, indique Cécile Clarissou, médecin du centre Covid. "Il y a quasiment autant de gens qui viennent de la rue, repérés par des équipes mobiles ou par des accueils de jour, que de gens qui viennent de centres d'hébergement où ils sont plusieurs par chambre, avec des sanitaires collectifs et où l'on mange ensemble", explique-t-elle.

La situation reste sous contrôle

Les conditions de vie au centre Covid d'Athis-Mons semblent donc meilleures qu'en centre d'hébergement classique. Le confinement n’est pas obligatoire en cas de symptômes. Il est supervisé par l’Agence régionale de santé d'Île-de-France. Et les équipes expliquent qu’elles n’ont pas trop de mal à gérer cette période.

C'est un moment de repos pour les sans-abri accueillis ici, puisque cela reste une période de confinement, explique Bigué Dialo, cadre de santé : "On a équipé toutes les chambres de télés, on a mis un réseau wifi, ils ont accès au jardin pour essayer de les sortir un peu de ce quotidien qui n'est pas évident." Le confinement dure une à deux semaines. Dans cette situation, le social rejoint le sanitaire. Après la période d’isolement, plusieurs familles ont pu trouver un centre d’hébergement.

La difficile gestion du Covid-19 chez les sans-abri : écoutez le reportage d'Etienne Monin
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