Nouveau statut "mort pour le service de la République" : "C’est l'arbre qui cache la forêt", regrette le porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers

Thierry Amouroux juge que c'est une bonne chose mais il demande que le Covid-19 soit reconnu comme maladie professionnelle. 

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Radio France
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Des soignants à Brest en avril 2021.  (LIONEL LE SAUX / MAXPPP)

Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des personnels infirmiers (SNPI), a salué vendredi 21 mai sur franceinfo "le signal fort" du président de la République en créant un statut de "mort pour le service de la République" pour "les agents publics décédés dans des circonstances exceptionnelles", notamment du Covid-19. Thierry Amouroux estime que "c’est l'arbre qui cache la forêt". Selon lui, les soignants attendent surtout "la reconnaissance en maladie professionnelle de l'ensemble des soignants victimes du Covid-19".

franceinfo : Que pensez-vous de la création de ce statut "mort pour le service de la République" ?

Thierry Amouroux : C'est déjà une bonne chose pour toutes les personnes concernées. Et puis, c'est envoyer un signal positif à tous ces professionnels. Mais il faut bien voir que c'est l'arbre qui cache la forêt parce que la véritable attente des soignants, c'est la reconnaissance en maladie professionnelle de l'ensemble des soignants victimes du Covid-19. Ils sont très nombreux : 70 000 à l'hôpital et 55 000 en Ehpad et en IME [Institut médico-éducatif] ont été contaminés par le Covid-19. Si on a été aussi nombreux à être contaminés, c'est faute du matériel de protection fourni par le gouvernement. Rappelez-vous, il y a le problème du manque de masques, de gants, les sacs poubelle qu'on avait en guise de surblouse. Cela a été refusé par le gouvernement qui n'a accepté de le reconnaître que pour les soignants décédés ou ceux qui étaient placés sous assistance respiratoire.

Ce n’est donc pas suffisant ?

Il faut bien comprendre que ces dizaines de milliers de soignants ont été frappés et qu'on leur a refusé la reconnaissance en maladie professionnelle cet été alors que Olivier Véran, ministre de la Santé, s'y était engagé au mois de mars à l'Assemblée nationale. Cela a été une claque pour les soignants parce ce n'est pas un enjeu symbolique. Vous avez 15% des personnes qui sont déjà en Covid long. Cela vient compléter les statuts de "mort pour la nation" et "mort pour la France" qui étaient dédiés aux militaires et aux forces de l'ordre.

Quel effet cela vous fait d’être considéré sur le même plan ?

Clairement, on s’est engagés sans compter. Et pendant la première vague avec une boule au ventre parce qu’on avait peur de contaminer nos proches en revenant à la maison. Certains ont fait le choix de prendre un logement séparé. Au-delà du temps de travail et de toute la souffrance qu'il y avait, en revenant chez soi, on avait la peur de contaminer les proches. Puis, sans arrêt, les médias nous rappellent le Covid-19. Ce n'est pas comme lorsque vous êtes dans un service de cancérologie, un fort investissement sur le temps de travail, et puis, sur le temps personnel, vous pouvez souffler un peu, penser à autre chose.

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