Nouveau protocole à l'école: "Ce n'est pas suffisant, mais c'est déjà une bonne mesure à prendre" estime un syndicat de médecins scolaires

Selon la docteure Marianne Barré, secrétaire générale du syndicat de médecins scolaires et universitaires SNMSU-UNSA, les médecins sont dépassés par les cas de Covid dans les écoles.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Dr Marianne Barré, médecin scolaire à Montargis (Loiret), dans son centre médico-scolaire, le 1er octobre 2020. (ALEXIS MOREL / FRANCE-INFO)

"Ce n'est pas suffisant, c'est certain, mais c'est déjà une bonne mesure à prendre" réagit sur franceinfo la docteure Marianne Barré, secrétaire générale du syndicat de médecins scolaires et universitaires SNMSU-UNSA, après l'annonce du ministre de l'Éducation, ce vendredi 26 mars. "À partir de la semaine prochaine, dans les 19 départements qui désormais font l'objet de mesures de restrictions renforcées, nous fermerons chaque classe au premier cas de contamination", a indiqué Jean-Michel Blanquer.

franceinfo. Comment accueillez-vous cette évolution ?

Marianne Barré. Ce n'est pas suffisant, c'est certain, mais c'est déjà une bonne mesure à prendre. Actuellement, on est vraiment depassés par le nombre de cas [de Covid-19] dans les établissements scolaires. Cette mesure va peut-être nous aider, parce que le dernier protocole sanitaire dans les écoles rendait les fermetures de classes extrêmement compliquées. Là, ça va nous permettre de fermer plus de classes. De ce fait, cela va certainement avoir un impact sur la circulation virale.

Que voulez-vous dire, par "dépassés" ?

Notre rôle de médecins de l'Éducation nationale, c'est de faire du contact tracing. Ça veut dire que pour chaque cas positif signalé dans un établissement scolaire, éléve ou personnel, on cherche tous les sujets contacts. Là, on arrive plus du tout à traiter les cas au jour le jour. On prend du retard cumulé d'un jour sur l'autre. C'est aberrant, parce que le but du contact tracing, c'est avant tout d'écarter les contacts à risques forts. Ça n'a plus aucun sens de faire des campagnes de tests salivaires et rapides antigéniques, si derrière on ne peut pas faire de contact tracing. Il doit être fait dans la journée.

Êtes-vous favorables au placement en demi-jauge des collèges dans les départements reconfinés, comme c'est déjà le cas dans les lycées ?

Tout à fait, mais au stade où on est arrivé, ce ne sera pas suffisant. Nous arrivons dans une période de vacances scolaires, il faut se reposer la question: est-ce qu'il ne faudrait pas fermer les établissements scolaires, par exemple quatre semaines et non deux ? Toutefois, je continue à dire que cette mesure ne peut être efficace que si elle est assortie également d'une mesure dans la population générale. Éleves et personnels se contaminent avant tout dans le milieu familial et amical.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.