Mort d’un gynécologue au CHU de Dijon : "Il m’a dit : 'J’aime trop la vie, je vais me battre', malheureusement, il est décédé", témoigne l’un de ses amis

Il n’est pas optimiste quant à la suite de la situation pour les soignants. "Ce n'est pas fini", craint d'ailleurs le médecin.

Le CHU de Dijon, où le gynécologue-obstétricien de 66 ans qui exerçait à Mulhouse (Haut-Rhin) est décédé.
Le CHU de Dijon, où le gynécologue-obstétricien de 66 ans qui exerçait à Mulhouse (Haut-Rhin) est décédé. (PHILIPPE RENAUD / FRANCE-BLEU BOURGOGNE)

"Il m’a dit : 'J’aime trop la vie, je vais me battre.' Malheureusement, il est décédé', a témoigné lundi 23 mars auprès de France Bleu Bourgogne le docteur Georges-Fabrice Blum, ami de Jean-Marie Boegle, gynécologue-obstétricien de Mulhouse mort à 66 ans des suites du coronavirus à l’hôpital de Dijon.

Cette phrase sur l'amour de la vie, Jean-Marie Boegle l'a tenue samedi. Il est décédé le lendemain.Le gynécologue avait possiblement été infecté par l’une de ses patientes lors d’une consultation à son cabinet. "C’est ce qu’il m’avait dit à l’époque", raconte Georges-Fabrice Blum.

"Ce n'est pas fini, nous avons beaucoup de collègues infectés"

Touché par le Covis-19, le docteur Boegle est parti dans sa maison de campagne à Beaune. "Sa situation a empiré, il a donc dû être transféré au CHU de Dijon en réanimation." Le médecin est alors intubé. "On a eu des nouvelles régulières par un de nos anesthésistes qui connaît bien les gens du service" de réanimation de Dijon, poursuit le docteur Blum.

Son état de santé s’est finalement dégradé jusqu’à son décès dimanche."Il était un peu fatigué car la gynéco-obstétrique est un métier éreintant", se souvient Georges-Fabrice Blum. Jean-Marie Boegle avait d’ailleurs arrêté de faire des accouchements depuis le 1er janvier, "après avoir travaillé 35 ans", explique son ami. "Son léger surpoids ne l’a sans doute pas aidé non plus", analyse-t-il. Georges-Fabrice Blum n’est pas optimiste quant à la suite de la situation pour les soignants :

Je pense que ce n’est pas fini, nous avons beaucoup de collègues infectés.le docteur Georges-Fabrice Blumà France Bleu Bourgogne