Les Français incités à travailler plus après le coronavirus : Olivier Faure dénonce le "cynisme du Medef"

Le premier secrétaire du Parti socialiste était l'invité de franceinfo dimanche. Il réagit notamment aux propos du président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, qui dans un entretien à la presse estime qu'il faudra "travailler un peu plus (...) pour accompagner la reprise économique" du pays.

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, invité du \"8.30 franceinfo\", dimanche 8 septembre 2019.
Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, invité du "8.30 franceinfo", dimanche 8 septembre 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Faudra-t-il travailler plus après le confinement ? "Il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire", a estimé Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, dans une interview publiée samedi dans Le Figaro.

>> Covid-19 : suivez l'évolution de la situation dans notre direct

"Quel cynisme de la part du Medef", a réagi le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, dimanche 12 avril sur franceinfo. Olivier Faure qui reproche à la première organisation patronale en France d'"utiliser une crise sanitaire mondiale pour expliquer que ça va être l'occasion de rogner sur les droits des salariés".

Tous les poncifs du Medef sont en train de revenir : il va falloir travailler davantage, vous aurez moins de vacances, moins de jours fériés, il faudra moins de cotisations sociales. Bref, il faudrait faire payer la crise aux simples salariés. C'est incroyable !Olivier Faure, premier secrétaire du PSà franceinfo

La crise du  coronavirus ne touche pas économiquement tout le monde de la même manière. "Elle est profondément inégalitaire. Il y a des gens qui ont des enfants qui ne mangent pas à leur faim parce que le seul repas principal quotidien était celui de la cantine. Voilà ce que dit cette crise. C'est aux puissants et aux plus riches de faire des efforts", estime-il.

La solidarité c'est d'abord "celles qui peuvent vis-à-vis de ceux qui ne peuvent pas", a insisté Olivier Faure : "Ce serait un culot monstrueux d'expliquer que ceux qui sont en train de faire tenir ce pays debout, je pense aux caissières, aux éboueurs, aux infirmières, aux médecins, à toutes celles et ceux qui sont premiers de tranchée, vont payer, vont faire l'effort de guerre. Je crois l'inverse, il va falloir leur rendre hommage et faire en sorte que le monde d'après ne ressemble pas au monde d'avant où toutes les priorités étaient parfois inversées."

Oublier la réforme des retraites

Olivier Faure a également estimé qu'après cette pandémie il faudra "oublier définitivement" la réforme des retraites "parce qu'elle a été l'occasion de stigmatiser" selon lui des professions comme les infirmières ou les éboueurs "qui ont des métiers pénibles". Le premier secrétaire du Parti socialiste a cité l'exemple de sa mère infirmière. "Vous ne pouvez pas être infirmière à 65 ans, ce n'est pas possible. Quand il faut relever des malades, des corps, fournir en permanence un effort physique, vous ne pouvez pas", a-t-il dit. 

Olivier Faure a également rappelé que les éboueurs avaient une espérance de vie réduite par rapports aux autres Français. "Vous ne pouvez pas leur dire de travailler plus longtemps", a-t-il martelé.