Les festivals de musique d'été annulés ? : "Cela serait une déflagration", craint le créateur de Musilac

Rémi Perrier, créateur du festival Musilac, confie sur franceinfo ses craintes alors que Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, rencontre les professionnels du secteur pour envisager la tenue ou non cet été des festivals de musique.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Roselyne Bachelot, le 11 février 2021, à Matignon. (FRANCOIS MORI / POOL)

"La version debout, je la sens fortement compromise et cela serait une déflagration", a expliqué jeudi 18 février sur franceinfo Rémi Perrier, créateur du festival Musilac et vice-président du comité festival au sein du Prodiss alors que Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, rencontre jeudi après-midi les professionnels du secteur pour envisager la tenue ou non cet été des festivals de musique.

>> Covid-19 : à quoi pourraient ressembler les futurs concerts en live ?

Rémi Perrier est inquiet pour les festivals musicaux de l’été. Créateur du festival Musilac à Aix-les-Bains et vice-président du comité festival au sein du Syndicat national des producteurs, diffuseurs et salles de spectacles (Prodiss), il n'est pas optimiste dans le contexte de crise sanitaire actuelle  : "La version debout, je la sens fortement compromise et cela serait une déflagration pour toute une filière qui va bien au-delà des producteurs et des organisateurs."

Puisque cela irrigue aussi des territoires et une économie induite. Il y a des emplois. Je pense évidemment aux intermittents du spectacle qui n’ont vraiment pas besoin de ça. 

Rémi Perrier

à franceinfo

 

Même constat pour Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes de Belfort, l'heure des festivals approche et il y a donc urgence à anticiper leur organisation : "Il nous faut une visibilité, on est impatients, explique-t-il. On a tout le modèle économique qui gravite autour de nous qui nous sollicite et nous encourage depuis qu'ils ont entendu parler de cette réunion. On voit bien que nous ne sommes pas seuls."

"Il y a des délais que l’on ne peut plus tenir. Il faut savoir effectivement comment on va pouvoir travailler, développe Rémi Perrier. Maintenant que le gouvernement prenne ses responsabilités, que la ministre de la Culture nous dise oui ou non, on peut jouer debout ou pas. Et à partir de là, j'aurai une réflexion. Je vois difficilement comment je pourrais présenter mon festival, mais c'est valable pour beaucoup d'autres, en version dégradée."

"Une situation extrêmement tendue"

Au cœur de cette réunion avec la ministre de la Culture, il y a donc la question du modèle assis ou debout qui se pose. Mais pour Jean-Paul Roland, il est difficile d'imaginer ces festivaliers assis. "Il faut vivre un festival pour savoir que ce que l'on propose, explique le directeur des Eurockéennes. Au-delà d'assister à un spectacle, c'est le vivre, c'est l'interaction sociale. On n'est pas dans un zénith, on vit plusieurs jours à l'intérieur." Alors pour lui, "la façon de répondre en disant qu'il faut que ce soit assis, de fait, annonce l'annulation d'un grand nombre de festivals".

"On n'est pas prêts à sacrifier l'esprit des Eurockéennes sur l'autel de la pandémie."

Jean-Paul Roland

à franceinfo

Si la gouvernement prenait la décision d’interdire les publics debout lors des festivals, "cela peut créer une vague d'annulations assez importantes", selon Rémi Perrier, vice-président du comité festival au sein du Prodiss. "J'ai déjà une petite 'short list' que je ne peux pas vous dévoiler. Cela leur appartient aux festivals qui, d'ores et déjà, savent qu'ils ne pourront pas jouer si le debout est impossible. Donc, on est dans une situation extrêmement tendue", explique-t-il. "Comment contenir même que 5 000 personnes" quand "ils vont vouloir danser", s'interroge-t-il.

Toutefois, Jean-Paul Roland, le directeur des Eurockéennes garde espoir pour les festivals qui se tiennent en plein air : "On essaie maintenant d'avoir des réponses scientifiques sachant qu'il y a une grande partie des festivals qui sont en plein air, et d'après ce que j'ai cru comprendre, il y a une différence entre espace plein air et espace clos." En attendant des réponses du gouvernement, la programmation du festival est lancée. Le troisième jour du festival des Eurockéennes affiche déjà complet, "ça montre l'appétence des jeunes à se projeter vers des horizons plus radieux", réagit Jean-Paul Roland.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.