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Le président islandais réélu avec... 92% des voix

La France n’était pas la seule à voter ce week-end du 28 juin. On votait également en Pologne et en Islande, où le président a été réélu avec un score hallucinant.

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Le président d\'Islande, Gudni Johannesson, au côté de sa femme, Eliza Reid, après sa réélection à la tête du pays, le 27 juin 2020 à Reykjavik.
Le président d'Islande, Gudni Johannesson, au côté de sa femme, Eliza Reid, après sa réélection à la tête du pays, le 27 juin 2020 à Reykjavik. (HALLDOR KOLBEINS / AFP)

C'est un score qu’on trouve plutôt d’habitude dans les dictatures ou les républiques bananières : 92,2% des voix. Sauf que là, rien n’est truqué, et toute l'élection présidentielle s’est déroulée dans la plus parfaite transparence démocratique, avec un taux de participation tout à fait honorable : 67%. C’est juste que Gudni Johannesson, le président, fait l’unanimité. Et comme l’Islande est un pays de consensus, quand les 360 000 habitants de cette île du nord de l’Europe sont unanimes, ils se déplacent pour le dire. Le fait que la fonction présidentielle soit là-bas de nature essentiellement protocolaire n’a pas dissuadé les électeurs de se déplacer.

Il y a quatre ans, Johannesson s’était imposé à la majorité relative, 39% des voix, face à sept autres candidats. Cette fois-ci, il n’avait qu’un seul adversaire en face, Gudmundur Franklin Jonsson, candidat de droite populiste radicale, qui n’a donc récolté qu’un peu plus de 7% des voix. Personne d’autre ne s’était présenté parce que Johannesson fait consensus.  

Une gouvernance simple et consensuelle

Johannesson a 52 ans, il est historien de formation. C’est le fils d’une journaliste et d’un prof de sport. Et il a cinq enfants. Il a deux particularités. La première, c’est de toujours rechercher le compromis. Il n’a d’ailleurs pas d’étiquette politique. La seconde, c’est sa simplicité. Il est tout sauf barricadé dans son palais présidentiel. Un exemple : il y a quatre ans, lors de l’Euro de football, la France avait joué contre l’Islande, en l’emportant d’ailleurs largement. Et Johannesson n’était pas allé en tribune présidentielle. Il s’était mélangé aux supporters, à peine reconnaissable, en ayant revêtu le maillot de l’équipe nationale. C’est sa conception de son rôle. Il faut dire aussi qu’en Islande les pouvoirs sont davantage entre les mains du Premier ministre, en l’occurrence la Première ministre, Katrin Jakobsdottir, 44 ans, qui pilote un gouvernement d’alliance gauche-écologistes.  

Un record mondial avec 17% de la population testée

Et ce tandem président-Première ministre a particulièrement bien géré la crise du coronavirus, ce qui explique sans doute aussi le raz-de-marée électoral de ce week-end. Avec seulement dix morts et 1 838 cas, l’Islande présente un très bon bilan. Le pays a évidemment bénéficié de sa situation insulaire et de son isolement. Mais il a également su adopter des mesures rapides et efficaces dès la détection du premier cas, fin février. 17% de la population a été dépistée, un record mondial.

Ces analyses ont d’ailleurs dévoilé un taux très élevé de porteurs asymptomatiques, près de 50%. Tout a été géré gratuitement par l’entreprise deCODE genetics, une société islandaise spécialisée dans la génétique. Ensuite, tous les cas repérés ont fait l’objet d’une mise en quarantaine et d’un traçage pour identifier leur entourage. Un confinement strict n’a donc pas été nécessaire. L’Islande a réussi à éradiquer le virus. Et depuis la réouverture de ses frontières mi-juin, elle impose donc aux touristes de choisir soit un test systématique à l’entrée, à l’aéroport, soit une quarantaine obligatoire.  

Le président d\'Islande, Gudni Johannesson, au côté de sa femme, Eliza Reid, après sa réélection à la tête du pays, le 27 juin 2020 à Reykjavik.
Le président d'Islande, Gudni Johannesson, au côté de sa femme, Eliza Reid, après sa réélection à la tête du pays, le 27 juin 2020 à Reykjavik. (HALLDOR KOLBEINS / AFP)