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Le billet sciences : quelle filtration pour les masques ?

Un masque mal positionné sur le visage va perdre jusqu’à 60% de sa capacité de filtration, d'après des études. Mieux vaut-il bien le mettre surtout à partir de lundi où il est obligatoire dans les transports en commun.

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Une passagère d\'un bus de la RATP s\'est munie d\'un masque, à Paris.
Une passagère d'un bus de la RATP s'est munie d'un masque, à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le masque devient donc obligatoire dans les transports en commun à partir du lundi 11 mai. Ils n'ont pas tous la même efficacité de filtration mais ils font partie de l'arsenal contre le virus. 

Un masque FFP2, celui avec une pièce filtrante pour les poussières, va capter jusqu’à 94% des petites particules de virus, alors qu’un masque chirurgical filtrera plutôt les grosses gouttelettes mais pas forcément les plus petites. Il faut en changer toutes les 4 heures, bien l’attraper et le mettre par les élastiques, le positionner sur le nez et le menton et ne plus le toucher. Il faut les jeter dans une poubelle fermée, même si le CNRS travaille sur des masques recyclables. Pour les masques réutilisables ou en tissu, il faut les laver à 60°C.

Quel tissu pour quel masque ?

Des ingénieurs du centre de recherche sur les nanomatériaux aux États-Unis estiment, dans une étude publiée le mois dernier, que la meilleure combinaison de tissus est l’association polyester et spandex, la matière souvent des vêtements de sports comme les leggings. Cette association permet de filtrer jusqu'à 99% des particules dans l'air du virus parce qu’elle a en plus une filtration électrostatique. Mais encore faut-il pouvoir respirer avec un tel masque. L’Afnor et la direction générale de l’armement ont publié un guide et testé des masques alternatifs en coton, viscose, serviette éponge qui filtrent jusqu’à 70% des gouttelettes.

L'utilisation du masque est aussi cruciale

Il n’y a pas eu d’études précises sur le port du masque dans les transports avec ce coronavirus. Ce sont plutôt des analyses menées en laboratoire sur des virus comme la grippe ou alors en milieu hospitalier avec des patients très malades qui toussent, donc loin de la réalité du bus que vous allez prendre le matin. Elles montrent que les masques réduisent la distance parcourue par le virus dans une pièce même s’ils ne filtrent pas tout. Le port du masque ne doit donc pas faire oublier le lavage des mains et la distanciation physique. Il fait parti d'un arsenal contre le virus mais ne peut pas être notre unique arme. Un masque mal positionné sur le visage va perdre jusqu’à 60% de sa capacité de filtration, selon les études. Attention donc au masque mal utilisé qui peut devenir un nid à virus plutôt qu’un bouclier protecteur.

Une passagère d\'un bus de la RATP s\'est munie d\'un masque, à Paris.
Une passagère d'un bus de la RATP s'est munie d'un masque, à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)