"Je réalise un rêve de petite fille, j’arrive à pédaler, à avancer très rapidement !" : à Montreuil, la vélo-école prise d'assaut depuis le début du déconfinement

Avec l'épidémie de Covid-19 et le début du déconfinement, les Français privilégient de plus en plus le vélo pour effectuer leurs déplacements. Pour ceux qui ne savent pas pédaler, l'association Vivre en ville à vélo à Montreuil (Seine-Saint-Denis) propose des cours dans une vélo-école qui ne désemplit pas cet été.

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La vélo-école de Montreuil (Seine-Saint-Denis) accueille 150 élèves chaque week-end depuis le début du mois de juillet. (ADÈLE BOSSARD / FRANCE-INFO)

Éviter la proximité dans les transports en commun, effectuer des trajets moins polluants et bien souvent plus rapides qu'en voiture... Autant d'arguments qui soulèvent une vélo-mania dans les grandes villes ces dernières semaines, renforcée par l'épidémie de coronavirus et les premières semaines de déconfinement. Mais encore faut-il savoir pédaler. À Montreuil, à l'Est de Paris, l'affluence explose à la vélo-école pour les cours proposés chaque week-end depuis dix-huit ans par l'association Vivre en ville à vélo.  

Dans la cour d'école qui sert de piste d'entraînement, une soixantaine d'élèves, dont une majorité de femmes toutes débutantes, s'entraînent à relier un point à un autre sans poser le pied par terre. "Regardez loin et plus vous allez prendre de la vitesse plus vous allez avoir l’équilibre" explique aux novices l'un des moniteurs présent. "Je suis en train de réaliser un rêve de petite fille, j’arrive à pédaler, à avancer très rapidement, et franchement ça me donne des ailes !" s'émerveille Zohra. "J’avais essayé toute seule et je me suis cassé la gueule plusieurs fois", renchérit Mirna dans un sourire.

C’est aussi très bien de voir que l’on est entouré par des gens dans le même cas que nous parce qu’on n’a pas honte de dire qu’on ne sait pas en faire.

Mirna

à franceinfo

Ce sentiment de ne pas être jugé est même renforcé par le profil des moniteurs qui sont pour la plupart d'anciens élèves de la vélo-école. "Allez vas-y bichette, en avant ! Très bien, parfait, pose tes deux pieds au sol" tente d'expliquer Fadila, désormais adjointe monitrice bénévole, après avoir appris à faire du vélo il y a deux ans. Une réelle satisfaction pour elle : "J'ai pris ce plaisir là à circuler grâce à la vélo-école. C'est magnifique, c'est libérateur." 

Une volonté d'éviter les transports en commun

Parmi les arguments avancés pour apprendre à pédaler, plusieurs évoquent le besoin de goûter aux balades à vélo en famille, mais c'est aussi l'épidémie de coronavirus qui a convaincu Nina, 45 ans, de se lancer. "C'est compliqué d'utiliser les transports en commun avec cette nouvelle phase de la maladie, je préfère éviter. J'irai au travail à vélo, donc je viens apprendre à en faire."

Les apprentis cyclistes ont un objectif : traverser la cour sans poser le pied au sol. (ADÈLE BOSSARD / FRANCE-INFO)

Et Nina est loin d'être la seule dans ce cas. Depuis le début du déconfinement, l'engouement pour la vélo-école de Montreuil est flagrant. 

Depuis la reprise du 15 mai, on vit une fin d'année scolaire comme on n'a absolument jamais vécu

François Fatoux

président de la vélo-école

"En général, la fréquentation de la vélo-école chute tranquillement en juillet et on finit tranquillement alors que là c’est de la folie pure et simple, poursuit François Fatoux. On a 150 élèves par week-end depuis début juillet."

Le succès de la vélo-école vient aussi de son prix, trois euros la séance de deux heures, pour permettre de financer l'achat et l'entretien des vélos qui sont prêtés aux élèves.

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