"J’ai eu du flair" : pour continuer à s'entraîner malgré le confinement, Lucas Pouille a loué une maison avec court de tennis

Les sportifs de haut niveau sont eux aussi tenus de respecter le confinement. La plupart d’entre eux ne peuvent donc pas s’entraîner correctement. Mais certains, plus chanceux ou plus malins, avaient anticipé, comme le joueur de tennis Lucas Pouille.

Lucas Pouille en compétition, avant le confinement
Lucas Pouille en compétition, avant le confinement (Le Coq Sportif)

Lucas Pouille ne voulait surtout pas être coincé chez lui entre quatre murs. Alors il a décidé, en toute hâte, de louer une maison avec si possible un court de tennis. Et miraculeusement, il en a trouvé une, à Valbonne sur la Côte d’Azur. "J’ai bien senti qu’il fallait faire vite. Je me suis dit que si on était confinés autant que ce soit dans les meilleures conditions. Alors, avant que le président de la République n'annonce le confinement, on a cherché une maison et me voilà dans le sud depuis mardi. On gardera la maison le temps que durera le confinement. J’ai eu du flair."

Le but c’est de garder la forme au minimum, pour être prêt au moment de la reprise.Lucas Pouilleà franceinfo

Lucas Pouille a invité quelques amis à le suivre, dont son meilleur copain Grégoire Barrère, l’actuel 95e joueur mondial. Ensemble, ils s’entraînent presque normalement sur un court en terre battue. "Les entraînements se passent bien, précise Lucas Pouille. C’est surtout de l’entretien. On tape la balle, on regarde les sensations, on fait du physique.  Le but c'est de ne pas tout perdre pour être prêt quand il faudra reprendre l’entraînement intensif, parce que ce confinement risque d’être long."

Grégoire Barrère profite aussi de cette situation singulière. Dans cette période d’incertitude, il n’a pas hésité : "Quand Lucas m’a proposé de le suivre dans le sud, j’ai bien senti que ce serait l’idéal pour continuer à s’entraîner et à s’entretenir. On ne fait pas de matchs, ni de sets d’entraînement mais on fait des gammes pour rester au niveau. On essaie de rester en forme pour ne pas se blesser quand il faudra reprendre et ne pas avoir de poids à perdre (rires). On est conscients que nous sommes des privilégiés. Tous les sportifs de haut niveau n’ont pas notre chance".

"Les journées sont quand même un peu longues" 

Mais il n’y a pas que l’entraînement. Il faut bien s’occuper pour tromper l’ennui. Lucas Pouille s’accorde des moments de détente, avec ses amis. "On est souvent dehors dans le jardin, raconte Lucas Pouille. On discute beaucoup. On rigole entre nous. On sort des jeux de société, on joue aux cartes. On regarde des films, des séries, on se met devant la Playstation. Et on fait de la paperasse, on s’occupe des papiers administratifs. En fait, tout ce qu’on n’a pas l’habitude de faire ou pas le temps de faire. On participe aussi à la vie de la maison : on fait de la cuisine, on nettoie, on fait le ménage. On essaie de s’occuper comme on peut mais les journées sont quand même un peu longues."

Personne ne rentre. Personne ne sort.Clémence Pouilleà franceinfo

Le confinement est respecté dans ses moindres détails. Clémence Pouille, l’épouse de Lucas, y veille quotidiennement : "On réapprend à vivre en groupe, entre amis, ce qui n’est pas vraiment le cas quand Lucas joue sur le circuit professionnel. C’est très agréable. On revient à des vraies valeurs comme la solidarité et l’amitié. Sinon concrètement, on se fait livrer les courses. On nettoie tous les paquets. On désinfecte les poignées de porte, peut-être même un peu trop (rires). Bref c’est confinement à 100%." 

Lucas Pouille à l\'entraînement sur le court de sa maison en location à Valbonne
Lucas Pouille à l'entraînement sur le court de sa maison en location à Valbonne (Compte Instagram de Lucas Pouille)

Lucas Pouille et Grégoire Barrère ne sont pas les seuls à pourvoir s’entraîner plus ou moins normalement. Fiona Ferro, 53e mondiale et numéro 3 française, vit également son confinement à Valbonne, mais dans la maison de ses parents, où se trouve aussi un court de tennis en terre battue : "Je joue tous les deux jours. J’alterne avec des exercices physiques. Je m’entraîne avec mon petit copain, classé 500e mondial et mes petits frères qui évoluent à un très bon niveau. D’ailleurs, ils me lancent des défis mais je leur dis qu’ils n’ont aucune chance contre moi. (Rires) Mais je ne veux pas me consacrer qu’au tennis durant cette période : j’envisage de reprendre le violon. J’avais commencé quand j’étais plus jeune mais j’ai été contrainte d’arrêter faute de temps. Je vais m’y remettre pour passer le temps."

 

Fiona Ferro, Lucas Pouille et Grégoire Barrère attendent maintenant avec impatience le retour à la compétition, prévu le 8 juin prochain. Dans le meilleur des cas.

Joueurs français de tennis et confinement : le reportage de Fabrice Abgrall
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