Forfait psy pour les enfants : "une vraie bonne nouvelle" d'après la Société française de pédiatrie

Emmanuel Macron a annoncé la prise en charge de 5 à 10 séances de psychologie pour les enfants de 3 à 17 ans en détresse. "C'est une vraie bonne nouvelle", selon la Société française de pédiatrie.

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Radio France
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Emmanuel Macron a annoncé la prise en charge de 5 à 10 séances de psychologie pour les enfants de 3 à 17 ans en détresse. (MICROGEN IMAGES/SCIENCE PHOTO LI / SMD)

"C'est une vraie bonne nouvelle", a réagi sur franceinfo Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie, après qu'Emmanuel Macron a annoncé la prise en charge de 5 à 10 séances de psychologie pour les enfants de 3 à 17 ans en détresse.

Une montée de détresse chez les enfants et les adolescents

"C'est quelque chose qui faisait défaut jusqu'alors, le fait que les psychologues puissent être remboursés, explique Christèle Gras-Le Guen. Cela va être une vraie facilité pour un premier accès aux soins aux enfants." Une aide nécessaire, certes, selon la cheffe du service des urgences pédiatriques du CHU de Nantes. "Mais ce ne sera pas suffisant, ajoute-t-elle cependant. On était en pédopsychiatrie dans un domaine où on était déjà très limite en termes de soins et de réponse aux besoins de la population. Donc là, on est totalement dépassé par les événements. Ces organisations de crise sont indispensables pour pouvoir faire face."

La médecin remarque à l'hôpital une montée de la détresse due à la crise du Covid-19 chez les enfants et les adolescents : "J'étais de garde hier soir. On a reçu beaucoup d'enfants avec des idées noires, des idées suicidaires, qui ne font que renforcer ce qu'on observe depuis déjà des semaines et des semaines."

Un contexte qui provoque chez ces enfants "l'anxiété de l'isolement social, l'anxiété du contexte, les incertitudes quant à l'avenir et les difficultés des familles et des parents", autant de facteurs qui "sont vécus par les enfants comme des choses particulièrement anxiogènes." La fermeture des écoles "en inquiète beaucoup", poursuit Christèle Gras-Le Guen, "en particulier sur les examens qui étaient à passer, sur les performances, et puis le fait d'être séparés, isolés pour certains, ce qui constitue aussi un stress majeur."

Des symptômes remarqués chez des patients très jeunes

La présidente de la Société française de pédiatrie décrit ces enfants comme "tristes", "inquiets pour l'avenir". "Ils vont mal" et "expriment des inquiétudes sur le moment présent qui n'est pas agréable et pour lequel on a du mal à les rassurer parfois." Ces enfants sont aussi de plus en plus jeunes : "L'âge des enfants qu'on reçoit est beaucoup plus étendu que ce qu'on pouvait connaître jusqu'alors, puisqu'on a des enfants à partir de 7/8 ans, qui manifestent déjà des symptômes d'angoisse majeurs, et il y a aussi de très jeunes enfants, 2/3/4 ans, qui dorment mal, qui mangent moins bien, ce sont des symptômes de stress un peu différents mais qui expriment aussi, à leur manière, les inquiétudes du moment."

Comment repérer les symptômes ? "Soit les enfants s'isolent, soit ils ne parlent plus, soit ils ne mangent, soit, au contraire, ils sont agités, en colère. Donc, dans tous les cas, ce sont des choses qui sont assez bruyantes, décrit-elle.

Qu'est-ce qu'on peut faire ? "La réponse, je pense, est assez facile : consulter son médecin traitant et pouvoir bénéficier du soutien d'un psychologue, puisque c'est maintenant facilité."

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