Face au manque de considération, les médecins espagnols manifestent pour la première fois depuis 25 ans

Les médecins espagnols, éreintés par deux vagues successives de coronavirus, sont en grève. Ils exigent un meilleur traitement de la part des administrations.

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Radio France
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Quelques dizaines de médecins se sont rassemblés mardi 27 octobre 2020 devant le Parlement espagnol de Madrid pour demander plus de considération des autorités. (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)

Ce n'était pas arrivé depuis 25 ans en Espagne. Les médecins espagnols sont en grève, fatigués par deux vagues de coronavirus, mais aussi par la façon dont les traitent les autorités du pays, sans demander d'augmentation. 

Un décret qui permet tout ou presque

À Madrid, ils étaient quelques dizaines à s'être réunis en face du Parlement pour se faire entendre. Ils n'étaient pas très nombreux. Et pour cause, les autorités ont limité le nombre des manifestants, Covid-19 oblige, et établi un service minimum : 80% à 100% du personnel doit rester à son poste. De plus, les médecins espagnols n'ont plus l'habitude de faire grève. "Ce qui a déclenché cette grève inédite depuis 25 ans, explique Juan Fidalgo, anesthésiste à l’hôpital clinique San Carlos, c'est le décret qui établit que l'on peut destiner un médecin à n'importe quel poste, indépendamment de ses capacités."

Le décret permet, par exemple, d’envoyer un ophtalmologue ou un gynécologue dans les unités dites "Covid", mais aussi d’embaucher exceptionnellement des praticiens non européens, sans que leurs formations ne soient homologuées.

Les médecins sont attirés par l'étranger

Le manque de médecins est criant, s’excusent les autorités. Oui, répondent les professionnels, mais parce que l’Espagne ne sait pas retenir ceux qui préfèrent partir à l’étranger. Patricia est médecin à l’hôpital Severo Ochoa, à Madrid : "Tous ceux qui partent le font car ils ont des conditions bien plus attractives dans le reste de l'Europe, estime-t-elle. Des conditions économiques bien-sûr. Mais nous, nous demandons surtout des conditions de travail qui permettent de faire notre travail avec une certaine qualité."

Il y a dans ce pays une précarité telle, qu'elle va finir par avoir des répercussions sur les patients. 

Patricia, médecin à l'hôpital Severo Ochoa de Madrid

À Madrid, la région a entamé des discussions, mais uniquement avec les médecins de famille et les internes.

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