#EtAprès. Coronavirus : l’Europe doit devenir plus ambitieuse dans la bataille sanitaire

La pandémie de coronavirus met en évidence les forces de l'Union européenne, mais aussi ses faiblesses. Pénélope Debreu appelle à un renforcement de la réponse européenne aux questions de santé.

Parlement européen à Bruxelles, le 9 mars 2020.
Parlement européen à Bruxelles, le 9 mars 2020. (FRANÇOIS WALSCHAERTS / AFP)

Coronavirus : et après ? franceinfo ouvre le débat. Un échange à grande échelle pour stimuler et partager des questions, des idées, des témoignages et ouvrir le débat le plus largement possible sur les solutions de demain : #EtAprès, qu’est-ce qui doit changer ? Cette contribution de Terra Nova est signée par Pénélope Debreu, co-coordinatrice du pôle Europe.


#EtAprès. L’Union européenne n’a pas de compétences propres en matière de santé, et pourtant, tant bien que mal, elle se coordonne dans la gestion de la crise du Covid-19, et pas simplement pour limiter les impacts socio-économiques de la crise. Les multiples mesures prises montrent que l’UE a la capacité de réagir aux crises sanitaires. Mais les ratés et faiblesses montrent aussi que l’UE doit être dotées de capacités considérablement renforcées.

Il faudra absolument renforcer les capacités européennes de gestion coordonnée des crises épidémiques. Pour une meilleure préparation, plusieurs pistes complémentaires sont possibles : une supervision détaillée des capacités nationales à gérer les épidémies, la création d’une capacité européenne d’achat et de stockage de matériels et médicaments essentiels, un mécanisme d’alerte et une nouvelle convention sanitaire internationale. Lors d’une crise, l’UE devra synchroniser et harmoniser les mesures de réaction prises par les États, recourir systématiquement au mécanisme de protection civile européen et lancer des appels d’offres commun pour l’approvisionnement d’urgence en médicaments et matériel médical.

Trois autres champs sont tout aussi essentiels. D’une part, rebâtir une industrie européenne du médicament et du matériel médical. Cela passe à la fois par la recréation d’une filière complète et par une surveillance systématique des investissements étrangers pour protéger cette industrie contre les appétits d’investisseurs ou spéculateurs non européens. D’autre part, il faudra que les États réinvestissent massivement dans les structures hospitalières et pour cela, que l’UE dans son ensemble fasse de ces dépenses une priorité de la coordination budgétaire sous le Pacte de stabilité. Enfin, il faudra gérer les restrictions à la circulation des personnes selon des critères harmonisés reposant sur une logique sanitaire et européenne.

>> Aller plus loin : "L’Europe de la santé n’existe pas ? Si, mais peut beaucoup mieux faire", Terra Nova, 8 avril 2020.