Enquête sur le Stade Français après plus de 30 cas de coronavirus : "Il n'y a strictement rien à cacher", indique Thomas Lombard, le directeur général du club de rugby

La commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) a ouvert une enquête visant le Stade Français après le report du match de reprise du Top 14 prévu vendredi face à Bordeaux-Bègles.

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Radio France
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Thomas Lombard, directeur général du Stade Français Paris Rugby. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Il n'y a strictement rien à cacher", se défend mercredi 2 septembre sur franceinfo Thomas Lombard, le directeur général du Stade Français Paris Rugby, à la suite de l'ouverture d'une enquête par la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) visant le club. Cette procédure fait suite au report de l'affiche d'ouverture du championnat 2019-2020 de Top 14, Stade Français-Union Bordeaux-Bègles, prévu initialement vendredi, pour cause de manque d'effectifs prêts à jouer du côté du club de rugby francilien.

Plus de 30 joueurs et membres du staff ont été testés positifs au coronavirus dans le club. Selon le Stade Français seuls deux avants sur l'ensemble de l'effectif étaient "aptes à jouer", du fait du retard pris dans la préparation physique par ces personnes infectées.

franceinfo : Comment réagissez-vous au fait que la commission de discipline enquête sur la gestion du coronavirus par le Stade Français ?

Thomas Lombard : Il n'y a strictement rien à cacher. On a une contamination qui s'est opérée durant notre stage de préparation à Nice (du 29 juillet au 5 août). Un ou deux joueurs de notre effectif ont probablement contracté le virus juste avant le départ en stage. La veille du départ, l'intégralité du groupe avait été passé au test PCR, l'intégralité du groupe était négatif. Donc cela nous a confortés dans le fait de maintenir ce stage. Quand on a des tests qui malheureusement ne détectent pas de manière immédiate la contagion, on peut arriver à ce type de désagrément.

La Ligue nationale de rugby avait mis en place plusieurs protocoles cet été pour éviter les contaminations pendant la préparation. Vous estimez les avoir respectés ?

On les a respectés. On avait une zone protégée pour l'équipe, c'est-à-dire un étage réservé aux joueurs, des lieux de vie totalement coupés des autres lieux de l'hôtel, pas de proximité avec les quelques clients qui logeaient dans cet hôtel. Les mesures de sécurité sanitaires ont été respectées. Le problème, c'est vraiment la détection qui, parce qu'elle nécessite un certain laps de temps, a laissé passer au travers un ou des cas parmi notre effectif.

Ce protocole de la LNR n'était pas censé empêcher les contaminations entre joueurs ?

À partir du moment où vous faîtes du rugby, vous partez pour un stage, les joueurs passent du temps ensemble. Vous avez 40 ou 50 joueurs ensemble dans une même pièce - parce qu'on réfléchit ensemble à ce qu'on va faire - ce ne sont pas forcément les conditions idéales. Ce genre de stage, toutes les équipes du Top 14 l'ont fait cet été. C'est un moment primordial, surtout quand on vient de vivre trois ou quatre mois durant lesquels on n'a pas pu travailler ensemble. On estimait que ce moment était essentiel dans la construction de notre saison.

La LNR vous a-t-elle demandé de fournir des pièces justificatives concernant cette enquête ?

On a fourni tous les tests qu'on a pu faire au comité médical de la LNR. On a donné tout un tas d'informations qui nous ont été transmises par les autorités sanitaires à Nice, qui mettaient en avant le fait qu'au moment de notre stage, la région PACA avait quelques cas, mais davantage concentrés à Marseille. Il n'y avait pas de situation alarmante à Nice. On a transmis les garanties de l'hôtel concernant la bulle sanitaire qu'on a été capables de mettre en place pour accueillir nos joueurs.

On a annulé toutes les oppositions et les travaux qu'on avait prévus de faire avec le club de Nice, notre partenaire, pour protéger nos joueurs.

Thomas Lombard

à franceinfo

On a restreint au strict minimum toutes les activités prévues dans le cadre de ce stage. 

Le match Stade-Français - Bordeaux-Bègles pourrait être joué le week-end des 26 et 27 septembre, mais cela dépendra encore de la qualification ou non de l'UBB en Challenge Européen. Le match d'ouverture, vendredi, sera Montpellier-Pau. Le diffuseur Canal a pris les devants et prévu deux affiches chaque vendredi et chaque dimanche soir, en cas de report d'un des deux matchs. Ceux de dimanche prochain (6 septembre) doivent opposer Clermont à Toulouse et Brive à Bayonne. 

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