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Ecrans, drive-in, hélicoptère... Les célébrations de Pâques bouleversées par le confinement

Un peu partout dans le monde, les chrétiens ont dû faire preuve d'ingéniosité pour célébrer le week-end de Pâques. Tour d'horizon.

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France Télévisions
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Un prêtre célèbre la prière du Vendredi saint devant une église vide, le 10 avril 2020 à Kosice (Slovaquie). (JOE KLAMAR / AFP)

C'est devant télévisions, tablettes et ordinateurs que catholiques et protestants vont célèbrer Pâques ce week-end. La pandémie de Covid-19 et le confinement ont conduit à l'annulation des processions et messes traditionnelles dans une grande partie du monde. "Seigneur, ne nous laise pas dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, protège-nous du bouclier de ton pouvoir", a murmuré vendredi 10 avril le pape François, lors du traditionnel rite du "chemin de croix" retransmis en Mondovision depuis une place Saint-Pierre vide de fidèles et faiblement éclairée par des lampions.

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Alors que le bilan mondial dépasse les 100 000 morts, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels, les chrétiens, comme la moitié de l'humanité, vivent à l'heure du confinement et ils suivront aussi de chez eux la messe de dimanche, qui clôt la semaine pascale. Les prières se font désormais en famille et les fidèles sont privés de communion, de baptême, voire de funérailles dans de nombreux pays. Pratiquement "un retour aux premiers temps du christianisme", qui se vivait discrètement dans la sphère privée, soulignent les historiens.

Des podcasts pascals lus par le prince Charles

Dans le monde entier, le clergé se met à l'heure de la "distanciation sociale". A Panama, un archevêque avait adressé sa bénédiction du dimanche des Rameaux depuis un hélicoptère. En Allemagne, une messe matinale œcuménique a été organisée vendredi dans le parking d'un cinéma "drive-in" à Düsseldorf et suivie sur les autoradios. Les prêtres se tenaient eux sur une petite estrade pour lire les textes sacrés, avant d'aller à la rencontre de plusieurs fidèles avec lesquels ils se sont entretenus, séparés par la vitre des voitures.

Quant à l'Eglise anglicane, elle a commencé la diffusion de podcasts pascals pour ses fidèles, dont une lecture de l'Evangile par le prince Charles. Jusqu'à récemment, l'Eglise orthodoxe grecque a nié la possible propagation du coronavirus à travers la communion. Mais le gouvernement a interdit là-bas aussi les messes en présence de fidèles. A Pâques, que les orthodoxes fêteront une semaine plus tard, les églises de Grèce garderont donc portes closes. Les autorités géorgiennes ont dû également appeler les croyants à prier chez eux face au refus persistant de l'Eglise orthodoxe de se plier au confinement.

Avec une soixantaine de morts, Israël célèbre aussi depuis mercredi dans une ambiance morose Pessah, la Pâque juive, qui rappelle l'Exode hors d'Egypte : le gouvernement a bouclé les villes pour empêcher les familles de se réunir. L'épidémie se concentre en particulier dans les quartiers juifs ultra-orthodoxes, où les mesures sanitaires sont moins bien respectées, voire ignorées. Sur les 9 000 malades officiellement recensés, plus du tiers sont ainsi des ultra-orthodoxes, une minorité religieuse représentant 10% de la population.

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